Les photographes japonaises parlent enfin pour elles-mêmes — Blind Magazine

Les photographes japonaises parlent enfin pour elles-mêmes

L’exposition « Japanese Women Photographers: From 1950s to Now » à la Photographers’ Gallery de Londres, s’ouvre sur une question provocante : que se passerait-il si l’histoire de la photographie japonaise se racontait à travers ses femmes ? En effet, ce médium est souvent dominé par des figures masculines comme Moriyama, Araki ou Domon. L’exposition présente vingt-sept photographes sur sept décennies, chacune insistant sur son individualité plutôt que sur un récit collectif.

Organisée par Lesley A. Martin, Takeuchi Mariko et Pauline Vermare pour Aperture, l’exposition arrive à Londres après avoir été repensée par la commissaire Taous Dahmani. Elle souligne l’importance de laisser chaque photographe s’exprimer par elle-même, évitant ainsi d’aplatir la diversité de leurs œuvres.

Dahmani, qui n’a jamais mis les pieds au Japon, aborde ce projet avec un regard extérieur, ce qui enrichit l’exposition. Une frise chronologique, créée en collaboration avec deux chercheuses américaines, retrace l’histoire des droits des femmes au Japon, reliant ces enjeux sociaux à l’évolution de la photographie.

Des figures emblématiques comme Yamazawa Eiko, qui a ouvert son propre studio à une époque où peu de femmes étaient photographes, sont mises en avant. Son propos, « Il ne peut y avoir de libération des femmes tant qu’elles sont employées par des hommes », reste d’une actualité frappante.

L’exposition explore également des thèmes plus intimes, comme le travail de Kawauchi Rinko, qui utilise la photographie pour affirmer son existence. Ses images, souvent qualifiées de poétiques, sont accompagnées de réflexions sur la réalité.

À travers des œuvres variées, allant des photographies de la vie domestique aux autoportraits audacieux, l’exposition montre un tournant générationnel. Les artistes contemporaines, comme Ninagawa Mika, expriment leur colère face aux inégalités de genre, tandis que d’autres, comme Nagashima Yurie, interrogent les rôles traditionnels de genre en photographie.

La dernière salle, consacrée à Komatsu Hiroko, présente une installation saisissante de chantiers de démolition, soulignant que « une seule photographie ne suffit pas à faire sens ».

L’exposition « Japanese Women Photographers: From 1950s to Now » se tient à The Photographers’ Gallery à Londres, du 24 juin au 27 septembre 2026. Un livre, publié par Aperture, accompagne cette exposition et est disponible à la vente.

Source : Blind Magazine

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