Rentrée littéraire : de Boris Bergmann à Elizabeth Strout, nos dix coups de cœur
La rentrée littéraire de cette année compte 461 titres, rendant la sélection difficile pour les lecteurs. Parmi les auteurs à découvrir, certains sont bien établis comme Camille Pascal, tandis que d’autres, tels que Boris Bergmann, David Djaïz et Esther Teillard, émergent avec des œuvres prometteuses.
Minotaure, de Boris Bergmann
Un labyrinthe filial
Boris Bergmann, dans Minotaure, aborde la thématique des relations familiales avec originalité. L’histoire commence en 1992, lorsque l’auteur naît sans père. Sa mère, impliquée dans l’association Aides, l’élève entouré de ses amis, souvent malades du sida, qu’il appelle affectueusement ses « pères pédés ». À 22 ans, il ressent le besoin de confronter son père, un homme marié et psychologue de la famille, qui a abandonné sa mère. Ce récit autobiographique soulève des questions sur la filiation et le don, tout en se transformant en une réflexion sur l’amour et le pardon.
Minotaure, par Boris Bergmann. Albin Michel, 243 p., 20,90 €.
La Hantise, de Jean-Philippe Toussaint
Les espions du Berlaymont
Dans ce roman, Jean-Philippe Toussaint suit Jean Detrez, un fonctionnaire belge qui découvre une clé USB contenant des informations sur une fraude au sein de l’Union européenne. L’intrigue palpitante, servie par une écriture minimaliste, interroge la confiance et le pouvoir dans un monde où la corruption semble omniprésente.
La Hantise, par Jean-Philippe Toussaint. Minuit, 285 p., 22 €.
Le Bal des foudroyés, de Camille Pascal
Le Roi-Soleil se lève aussi
Camille Pascal plonge le lecteur dans la France de 1661, alors que la lutte pour le pouvoir fait rage entre Mazarin, Fouquet et Colbert. Ce roman historique dépeint une période de tension politique, tout en faisant écho à des problématiques contemporaines.
Le Bal des foudroyés, par Camille Pascal. Robert Laffont, 288 p., 22,50 €.
La Méthode, de David Djaïz
Quand la « décanisation » annonce le pire
David Djaïz explore un épisode méconnu de l’histoire : l’extermination de chiens errants à Constantinople en 1910. À travers le personnage de Paul Remlinger, il questionne l’usage de la science au service d’une logistique déshumanisante, tout en évoquant les tragédies à venir.
La Méthode, par David Djaïz. Stock, 251 p., 20,50 €.
Choses que je croyais perdues, de Clémentine Mélois
La rupture mode d’emploi
Clémentine Mélois raconte la séparation d’une jeune femme sur deux jours, remplis de souvenirs et de réflexions. Ce récit, à la fois nostalgique et humoristique, explore la mémoire et le quotidien avec une tendresse particulière.
Choses que je croyais perdues, par Clémentine Mélois. Gallimard, 163 p., 19 €.
La Rédemption, de Jean-Noël Orengo
Le bon Drieu sans confession
Orengo se penche sur la vie complexe de Pierre Drieu la Rochelle, oscillant entre lumière et ombre. Ce roman interroge les ambiguïtés morales de l’écrivain, sans négliger sa part d’humanité.
La Rédemption, par Jean-Noël Orengo. Grasset, 413 p., 24 €.
Fuck Circus, d’Esther Teillard
Bad boys de Marseille
Dans Fuck Circus, Esther Teillard dépeint une nuit mouvementée à Marseille, où une jeune femme se retrouve dans un bar peu recommandable. Ce huis clos déjanté évoque les tensions sociales tout en offrant un regard critique sur la jeunesse contemporaine.
Fuck Circus, par Esther Teillard. Grasset, 217 p., 19 €.
Un canon de chambre noire, d’Enrique Vila-Matas
Humains après tout
Vila-Matas, dans son dernier ouvrage, aborde la thématique de l’humanisation des machines à travers le personnage de Vidal Escabia. Ce roman, riche en références littéraires, explore la solitude et la quête de sens dans un monde futuriste.
Un canon de chambre noire, par Enrique Vila-Matas. Trad. de l’espagnol par Claude Bléton. Actes Sud, 192 p., 21,80 €.
Racontez-moi tout, d’Elizabeth Strout
Une année dans le Maine
Elizabeth Strout réunit ses personnages fétiches dans ce roman, qui évoque des vies ordinaires à travers une intrigue centrée sur un meurtre. Avec une économie de moyens, elle dépeint les complexités des relations humaines et les tragédies de la vie.
Racontez-moi tout, par Elizabeth Strout. Trad. de l’anglais par Pierre Brévignon. Flammarion, 359 p., 22,90 €.
Quand vient la tempête, de Karen Russell
Quand l’Amérique mordait la poussière
Karen Russell s’attaque à un événement marquant de l’histoire américaine, le Dust Bowl, à travers une narration entre réalisme magique et documentation. Ce roman met en lumière les conséquences environnementales et sociales d’une époque difficile.
Quand vient la tempête, par Karen Russell. Trad. de l’anglais par Karine Lalechère. Albin Michel, 475 p., 23,90 €.
Ces œuvres, parmi les 461 titres de la rentrée littéraire, offrent une riche diversité de voix et de styles, témoignant de la vitalité de la littérature contemporaine.
Source : L’Express.


