Alain Gomis : « Le sentiment d’être exclu des images est d’une grande violence »

Alain Gomis : « Le sentiment d’être exclu des images est d’une grande violence »

Par Jean-Michel Frodon

La sortie le 29 avril de Dao, le nouveau film du cinéaste franco-sénégalais Alain Gomis, suscite un intérêt considérable en raison des enjeux qu’il aborde et de l’originalité de ses formes narratives. Ce long-métrage, d’une durée de trois heures, explore les émotions, souvenirs et interactions d’une communauté d’Afrique de l’Ouest, à la fois en France et en Guinée-Bissau. Le film suit Gloria (Cathy Correa), mère de la mariée et fille du défunt célébré lors d’une cérémonie de deuil dans un village africain, illuminant ainsi les récits de vie et de mort.

Dao alterne entre deux contextes : un mariage en banlieue parisienne et un rituel funéraire en Guinée-Bissau. Cette structure narrative permet de mettre en lumière des comportements collectifs tout en préservant l’individualité des personnages. Le film intègre également des séquences issues d’un casting, devenant ainsi une composante essentielle de l’œuvre.

Gomis, connu pour ses précédents films L’Afrance et Félicité, aborde des thèmes profonds tels que la transmission, la mémoire politique, et les dynamiques générationnelles. Ce film se présente comme une méditation sur les relations humaines, mêlant rires, frayeurs et réflexions sur l’héritage postcolonial.

Au début du film, un carton définit le terme Dao comme un « mouvement perpétuel et circulaire qui coule en toute chose et unit le monde », une citation qui renvoie à la philosophie du Tao.

En somme, Dao ne se limite pas à un récit local, mais interroge des enjeux universels, touchant à la condition humaine et à l’appartenance à des récits souvent marginalisés.

Source : AOC Media.

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