Cancer de l'estomac : les scientifiques alertent sur une bactérie très répandue mais souvent ignorée

Cancer de l’estomac : les scientifiques alertent sur une bactérie très répandue mais souvent ignorée

Une étude publiée en 2025 dans la revue Nature Medicine par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, OMS) met en lumière une problématique alarmante : le cancer gastrique demeure la cinquième cause de mortalité par cancer dans le monde. La majorité des cas sont directement attribuables à Helicobacter pylori, une bactérie courante, souvent silencieuse, mais évitable. Bien que cette étude ait été publiée il y a un an, ses conclusions sont d’une importance cruciale pour la prévention du cancer de l’estomac.

Helicobacter pylori, principal facteur de risque du cancer gastrique

Classée cancérogène avérée pour l’humain (groupe 1) par le CIRC, Helicobacter pylori colonise la muqueuse stomacale, souvent dès l’enfance, et se transmet au sein des familles. En l’absence de traitement, cette bactérie peut provoquer une inflammation chronique, connue sous le nom de gastrite, qui peut évoluer vers des lésions précancéreuses, incluant l’atrophie de la muqueuse et la dysplasie, selon la Société française d’endoscopie digestive (SFED).

Il est estimé que 76 % des 15,6 millions de cancers gastriques prévus chez les jeunes générations pourraient être attribués à cette infection. En d’autres termes, éradiquer Helicobacter pylori pourrait réduire de près de trois quarts le fardeau mondial du cancer de l’estomac.

En France, l’Institut national du cancer (INCa) évalue que 20 à 50 % de la population est porteuse de cette bactérie, mais moins de 1 % développera un cancer. Malgré cela, l’Institut Pasteur recense environ 6 500 nouveaux cas chaque année, avec une survie à cinq ans de seulement 15 à 20 %. Ces chiffres soulignent l’importance d’une stratégie de prévention efficace.

La bonne nouvelle réside dans la possibilité d’un traitement antibiotique associé à un inhibiteur de la pompe à protons, qui permet d’éradiquer la bactérie dans la majorité des cas. Toutefois, la SFED note une résistance aux antibiotiques d’environ 30 % en France, ce qui exige une rigueur dans les protocoles de traitement et un contrôle de l’éradication après traitement.

Quand consulter et comment détecter l’infection

Plusieurs tests sont disponibles pour diagnostiquer Helicobacter pylori, notamment le test respiratoire à l’urée marquée, la recherche d’antigènes dans les selles, ou les biopsies lors d’une gastroscopie, cet examen étant le standard pour visualiser la muqueuse et identifier des lésions précancéreuses.

Ni l’INCa ni la SFED ne recommandent un dépistage systématique pour toute la population. Cependant, certaines situations justifient une consultation médicale, comme des antécédents familiaux de cancer de l’estomac, des symptômes digestifs persistants après 50 ans, ou une infection déjà connue sans contrôle d’éradication.

Le tabac, l’alcool et une alimentation très salée augmentent également le risque gastrique. Éliminer Helicobacter pylori reste cependant l’outil préventif le plus efficace. Un simple test respiratoire peut être déterminant pour la santé digestive à long terme.

Source : Nature Medicine, Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, OMS)

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