« Je veux juste rester avec ma famille » : Le combat de Nisrine Driouich

Menacée d’expulsion et d’être séparée de ses six enfants, Nisrine Driouich a vu la préfecture de Haute-Saône suspendre son expulsion, grâce à une forte mobilisation populaire à Vesoul. Retour sur le combat de cette mère de famille, de son arrestation traumatisante à sa victoire temporaire.

Ce dimanche 23 août 2026 aurait pu être un jour terrible pour la famille de Nisrine Driouich. Cette femme de quarante ans, arrivée illégalement en France en 2021 et sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis juin 2025, devait être expulsée, laissant son mari, salarié à Stellantis, et ses six enfants, scolarisés à Vesoul (Haute-Saône).

Cependant, le 19 août, la préfecture de Haute-Saône a annoncé la suspension de l’exécution de la me d’éloignement, en attendant la décision de la cour administrative d’appel de Nancy. Cette suspension, bien que temporaire, a été accueillie comme une libération par Nisrine et ses soutiens. Le 20 août, devant le commissariat de Vesoul, elle a exprimé sa gratitude, entourée de plusieurs dizaines de personnes.

Nisrine Driouich a vécu une expérience traumatisante, marquée par son arrestation le 9 août, alors qu’elle se rendait au commissariat pour se conformer à son OQTF. Elle a été emmenée au centre de rétention à Metz, sans pouvoir prévenir son mari et ses enfants. Après une nuit de détention, elle a été transférée à l’aéroport pour être renvoyée au Maroc, mais un malaise a conduit les autorités à la reconduire au centre.

À Vesoul, des voix se sont élevées pour défendre Nisrine. Son avocat, Me Diaz, a dénoncé une procédure hâtive et une atteinte à l’état de droit. L’Alliance pour l’émancipation sociale a mobilisé la communauté, organisant des manifestations pour protester contre cette décision.

Le 14 août, un juge des libertés a statué contre son placement en centre de rétention, lui permettant de rentrer chez elle, mais sans pouvoir quitter l’appartement familial, alors qu’un nouveau vol vers le Maroc était prévu pour le 23 août.

La décision de la préfecture de suspendre l’expulsion a suscité un nouvel espoir. Nisrine Driouich espère maintenant que la cour d’appel administrative reconsidérera son dossier, alors qu’elle a été critiquée pour ne pas avoir de contrat de travail. Elle souligne que son récépissé ne lui permettait pas de travailler légalement.

Aujourd’hui, elle souhaite que la justice réexamine son dossier, affirmant : « Je veux juste rester avec ma famille. Je ne pourrai pas vivre loin d’eux. »

Source : France 3 Franche-Comté

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