Israël : quand des Arabes israéliens se voient refuser l’accès aux abris anti-missiles

Israël : Refus d’accès aux abris anti-missiles pour les Arabes israéliens

Nasser Kteilat, résident de la municipalité de Tel-Aviv-Jaffa et Arabe israélien, a vécu une expérience troublante lors des bombardements iraniens débutés le 13 juin. En cherchant refuge dans un abri sécurisé proche de son appartement, il a été confronté à une hostilité inattendue.

« Les bombardements ont commencé ici. C’était tout près de chez nous, comme souvent », raconte-t-il. « Notre immeuble est mixte : Arabes, Juifs, Chrétiens. Quand nous sommes descendus, les voisins nous regardaient avec colère. » Après avoir été informé qu’il ne serait plus autorisé à entrer lors de la prochaine alerte, il a appris que le code d’accès à l’abri avait été changé. Une employée municipale lui a confirmé que ce refus était dû à son identité arabe.

Cette situation n’est pas isolée. Depuis le début des attaques, plusieurs vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant des Arabes israéliens empêchés d’accéder à des abris, souvent protégés par des Israéliens.

Le député israélien Ofer Cassif, élu sur la liste Hadash-Taal, a signalé une augmentation des refus d’accès. « Chaque jour, nous avons des cas de citoyens arabes, mais aussi de travailleurs étrangers et de familles ukrainiennes, qui se voient refuser l’entrée dans ces abris, ce qui est illégal », a-t-il déclaré.

À Tamra, dans le nord d’Israël, un missile a tué quatre femmes et blessé une dizaine de personnes. La ville, qui compte près de 40 000 habitants, ne dispose d’aucun abri public, alors qu’une communauté juive voisine de moins de 10 000 habitants en a plus de dix. Environ 2,5 millions de personnes en Israël n’ont pas accès à un abri ou à une pièce sécurisée, une inégalité qui touche particulièrement les Arabes israéliens.

Selon un rapport de 2018 du Contrôleur de l’État d’Israël, 46 % des citoyens arabes n’ont pas accès à des espaces de protection adéquats, contre 26 % de la population générale. Les ONG dénoncent des inégalités structurelles en matière de protection civile, notamment un abri pour 26 000 habitants dans les localités arabes, contre un pour 440 dans des villes juives comme Karmiel.

Les Bédouins, souvent résidents de villages non reconnus, souffrent également de cette discrimination. Marwan Abu Frieh, coordinateur pour la région du Néguev, souligne que ces communautés ont besoin de plus de 12 000 abris pour être correctement protégées. Actuellement, seulement 350 ont été rassemblés par des ONG.

Face à ces défis, des organisations comme Adallah tentent de fournir des abris mobiles, dont le coût atteint 50 000 shekels (environ 12 000 dollars). Cependant, beaucoup de Bédouins se trouvent dans des situations désespérées, cherchant refuge sous des ponts ou enterrant des conteneurs.

Ces événements soulignent les inégalités persistantes dans l’accès à la sécurité et à la protection, exacerbées par des tensions ethniques et politiques.

Source : Observateurs

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *