Cyberattaque contre le fisc : Sébastien Lecornu réclame une nouvelle unité
Face à la recrudescence des cyberattaques touchant les administrations françaises, notamment la Direction générale des finances publiques (DGFiP) et le ministère de l’Éducation nationale, Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a demandé la création d’une nouvelle unité pour protéger le système d’information de l’État. Dans un courrier adressé au secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, il propose la formation d’une « équipe de contact » composée d’agents de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi).
Cette équipe serait chargée d’intervenir en première ligne lors de suspicions d’atteintes graves à l’intégrité des systèmes de l’État, et devrait être mobilisée dès la détection de violations d’accès sensibles. Cependant, des experts soulignent que l’Anssi dispose déjà d’une équipe de réponse aux urgences informatiques, le Cert-FR, qui remplit des missions similaires.
L’Anssi a déjà été impliquée dans diverses interventions, y compris des cyberattaques notables comme celle de TV5 Monde en 2015. Les experts interrogés estiment que la proposition de Lecornu révèle une méconnaissance des capacités de l’Anssi et appellent à renforcer cette entité existante plutôt qu’à créer une nouvelle structure.
Les contours de la nouvelle brigade restent flous, notamment en ce qui concerne son intégration à l’Anssi et la coordination avec les autres services existants. Les observateurs s’inquiètent de la complexité accrue que pourrait engendrer la création d’une nouvelle unité, alors que plusieurs structures, comme les CSIRT ministériels et le Commandement de la cyberdéfense, existent déjà.
Sébastien Lecornu a également mentionné que cette unité devrait pouvoir intégrer des réservistes civils, soulignant l’importance de mobiliser des agents formés pour ces missions. Toutefois, la création de cette nouvelle unité pourrait ne pas suffire à résoudre les problèmes de cybersécurité en France, et des experts plaident pour une augmentation du budget de l’Anssi, qui devrait atteindre 44,2 millions d’euros en 2025.
Enfin, il est nécessaire de transposer en droit français la directive européenne NIS 2, qui impose des obligations de cybersécurité aux entités publiques et privées. La lenteur de la mise en œuvre de cette directive a conduit la Commission européenne à saisir la justice contre la France.
Source : Franceinfo



