1 000 euros par mois, c’est très difficile de se loger
Depuis le mois de juin, de nombreux étudiants parcourent les agences immobilières à la recherche d’un logement. Rennes et quatorze communes de la métropole sont classées en zone tendue depuis 2023. Bien que de nouvelles résidences ouvrent leurs portes, la situation reste complexe pour les jeunes.
Dans le quartier Beaulieu, un agent immobilier présente un studio étudiant de 23 m², équipé d’une cuisine et d’un séjour. « Il y a beaucoup de demandes pour ce type de logements », souligne-t-il. À l’approche de la rentrée, les familles, souvent retardées par l’obtention des résultats scolaires, se retrouvent dans l’urgence. « Il y a moins de choix sur le marché, et on fait face à de nombreuses familles stressées », ajoute-t-il.
Chaque année, le constat est le même. Avec 80 500 étudiants recensés en 2024 dans la métropole rennaise, la quête d’un toit devient ardue. « J’ai un peu galéré l’année dernière », confie Loane. « Il y a beaucoup de demandes pour peu de logements, et c’est vite très cher. »
Léo, en quête de la perle rare, multiplie les visites depuis deux mois. « Les tarifs sont élevés et il est difficile de trouver un logement propre. Je trouve qu’on profite beaucoup des étudiants », déplore-t-il. Malgré cela, sa mère, Véronique, reste optimiste : « On en visite deux ou trois samedi, en espérant que ça aboutisse à quelque chose de bien. »
Audrick, fraîchement arrivé de la Réunion, a pris le premier appartement visité, faute de temps. « L’idéal serait d’attendre un peu, mais je n’avais pas d’autres choix », explique-t-il.
En quinze ans, la population étudiante a augmenté de 40 % dans l’agglomération rennaise. Environ 65 % des étudiants dans les établissements publics de Rennes Métropole ont obtenu leur baccalauréat ailleurs qu’en Ille-et-Vilaine, ce qui accentue la pression sur le marché locatif. À noter que près d’un habitant sur deux est une personne seule.
Rennes affiche un ratio de seulement 17 places en résidences étudiantes pour 100 étudiants, l’un des plus faibles parmi les grandes métropoles universitaires françaises. Environ 1 500 logements Crous manquent, alors que 18 000 demandes de logement sont enregistrées chaque année, dont seulement 44 % aboutissent.
Un nouveau Programme local de l’habitat prévoit l’arrivée de près de 800 nouveaux logements étudiants d’ici la fin d’année, dont la moitié en locatif social. Bien que cela constitue une amélioration, la pénurie de logements persiste.
Diane Collin, gestionnaire de location, note que « la demande est toujours là » et que la ville continue d’attirer des étudiants. Toutefois, le durcissement de la réglementation sur les locations de courte durée pourrait contribuer à un meilleur équilibre sur le marché.
Manon Rivaud, responsable de Jeunes Infos Logement, souligne les difficultés d’accès au logement pour les jeunes. « Un jeune en CDI avec un salaire de 1 000 euros par mois a du mal à trouver un logement, sauf s’il se dirige vers des solutions comme le logement social », explique-t-elle. Elle accompagne ces jeunes dans leurs démarches, notamment pour obtenir une garantie Visale, afin de faciliter leur accès au logement.
Source : France3 Régions



