L’Espagne anticipe une nouvelle poussée migratoire vers Ceuta
L’Espagne se prépare à une nouvelle tentative de milliers de migrants souhaitant rejoindre Ceuta, les services de renseignement ayant conclu que les appels lancés en ligne en faveur d’une traversée massive sont tout à fait crédibles. Cette initiative, qui rappelle les événements de fin juillet, semble plus intense, avec un volume accru de messages circulant sur les réseaux sociaux, selon le média local SER.
Des informations indiquent que des messages sur Facebook, WhatsApp et TikTok incitent les gens à contourner à la nage le brise-lames de Tarajal le 15 août, voire avant, pour atteindre cette enclave espagnole sur la côte nord-africaine. La semaine dernière, environ 70 000 migrants ont réussi à atteindre Ceuta, qui compte habituellement environ 85 000 habitants, et près de 141 d’entre eux ont perdu la vie lors de cette traversée.
La majorité des migrants ayant franchi la frontière ont depuis été renvoyés au Maroc, comme l’a indiqué l’Espagne. Cet épisode a suscité une vive controverse politique à travers l’Europe. Les dirigeants de 22 pays de l’Union européenne ont signé une lettre, rédigée par l’Italienne Giorgia Meloni et la Danoise Mette Frederiksen, appelant à une réponse européenne coordonnée et qualifiant la politique espagnole favorable à l’immigration de « facteur d’attraction ».
Le climat s’est apaisé depuis, les ministres de l’Intérieur s’étant réunis en ligne pour saluer la réaction espagnole et offrir leur soutien. Les responsables espagnols affirment que les autorités sont prêtes à faire face à toute situation à la frontière et attendent une coopération des forces de l’ordre marocaines pour éviter la répétition de l’incident précédent.
En coulisses, les autorités espagnoles ont exhorté leurs alliés à ne pas rejeter la responsabilité de la crise initiale sur le Maroc. Le responsable des questions migratoires de l’UE, Magnus Brunner, a éludé les questions concernant le rôle des autorités marocaines dans le passage massif vers Ceuta, imputant plutôt la responsabilité aux passeurs et à la désinformation.
Source : SER, Euractiv



