Protection des enfants : TikTok verse 400 millions de dollars pour éviter des poursuites judiciaires

Protection des enfants : TikTok verse 400 millions de dollars pour éviter des poursuites judiciaires

Accusé d’avoir insuffisamment protégé les enfants, TikTok verse 400 millions de dollars à la justice américaine pour éviter des poursuites, sans pour autant reconnaître sa responsabilité. Aux États-Unis comme en Europe, les réseaux sociaux sont actuellement sous pression.

TikTok a accepté de payer jusqu’à 400 millions de dollars pour régler des accusations de collecte illégale de données d’enfants, a annoncé vendredi la justice américaine. Cette décision intervient alors que les autorités aux États-Unis et en Europe intensifient leurs efforts pour contraindre les réseaux sociaux à mieux protéger les mineurs.

Depuis une plainte déposée en 2024, le ministère de la Justice a indiqué que TikTok avait opéré des changements significatifs dans son actionnariat, sa direction et ses pratiques en matière de vie privée, visant à renforcer les mes de protection pour les jeunes utilisateurs et le contrôle parental. À l’époque, TikTok était la propriété de ByteDance, mais a depuis été réorganisé sous une coentreprise à majorité américaine pour éviter une interdiction qui aurait pu le couper de ses 200 millions d’utilisateurs aux États-Unis.

La plainte, déposée par le ministère de la Justice et la Federal Trade Commission (FTC), alléguait que TikTok avait « sciemment » permis à des millions d’enfants de moins de 13 ans de créer des comptes, tout en collectant leurs informations personnelles sans le consentement des parents. Ces enfants avaient également accès à des contenus pour adultes et interagissaient avec des utilisateurs majeurs, ce qui a suscité de vives inquiétudes.

L’accord, qui ne constitue pas une admission de responsabilité, stipule que TikTok versera 300 millions de dollars immédiatement, avec la possibilité d’un versement supplémentaire de 100 millions sous certaines conditions.

En Europe, TikTok fait également face à des accusations similaires. La Commission européenne a récemment dénoncé le non-respect des obligations de protection des mineurs, menaçant l’application d’amendes significatives. Les préoccupations portent notamment sur les paramètres de confidentialité jugés insuffisants pour protéger les adolescents des risques de cyberharcèlement et d’exposition à des prédateurs.

Aux États-Unis, TikTok est impliqué dans un contentieux national plus large, qui inclut d’autres géants des réseaux sociaux comme Meta, Snapchat et YouTube, accusés de dégrader la santé mentale des adolescents.

Cet accord est présenté par le ministère de la Justice comme « l’un des plus importants jamais obtenus » dans le cadre de la loi COPPA (Children’s Online Privacy Protection Act), qui protège les données personnelles des moins de 13 ans en ligne.

En France, le Conseil constitutionnel a récemment censuré une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans, considérant qu’elle portait atteinte à la liberté d’expression des jeunes. Le gouvernement envisage de réviser cette loi pour la rendre juridiquement plus robuste.

Source : Télérama, AFP.

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