« Un citoyen capable de s’ennuyer est un citoyen plus difficile à distraire de l’essentiel »

Un citoyen capable de s’ennuyer est un citoyen plus difficile à distraire de l’essentiel

La tendance estivale du « no-scroll summer » émerge parmi la jeunesse, visant à remplacer l’usage compulsif des smartphones par des activités manuelles, sportives ou de plein air. Ce mouvement s’oppose à la pratique du « doomscrolling », qui consiste à faire défiler des contenus anxiogènes sur les réseaux sociaux.

Alors que l’été est souvent synonyme de ralentissement, les individus se retrouvent face à un dilemme : comment occuper ce temps libre ? Au lieu de s’autoriser à ne rien faire, beaucoup remplissent leurs journées avec des activités planifiées ou des séries, révélant une difficulté croissante à gérer l’ennui.

L’ennui, souvent perçu comme un vide à combler, pourrait être redéfini comme un espace propice à la réflexion. Historiquement, cette sensation était un passage obligé de l’enfance, mais elle semble avoir disparu de la vie adulte. Des penseurs comme Blaise Pascal soulignaient déjà l’incapacité des hommes à rester seuls avec leurs pensées, un constat amplifié par les distractions modernes.

Cette capacité à s’ennuyer pourrait également être vue comme un exercice civique. Selon Alberto Moravia, l’ennui est souvent plus présent dans les régimes autoritaires, où la stimulation extérieure est limitée. En apprenant à tolérer l’ennui, les citoyens peuvent développer une résistance à la distraction et une patience face à la frustration.

L’été représente l’une des rares occasions où la société permet encore de ne rien faire sans justification. Il est crucial de préserver ce temps de vide, plutôt que de le meubler de manière compulsive, afin de ne pas perdre cette précieuse opportunité de réflexion.

Source : La Croix

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *