6 juin 2026 à 07h05
Mis à jour le 8 juin 2026 à 09h50
Durée de lecture : 4 minutes
Caen (Calvados), correspondance
« Pour le survol des plages, au départ de Paris, vous avez à peu près 1 h 30 pour rejoindre les sites puis le vol sur place, avec la possibilité de vous poser à côté du musée. On sera sur un tarif TTC à 21 000 euros. » Au téléphone, le commercial de l’entreprise AeroAffaires présente une offre surprenante : un survol de la Normandie à bord d’un Airbus AS355 Écureuil, qui consomme environ 240 à 250 litres de kérosène par heure.
Les commémorations du débarquement des Alliés, le 6 juin 1944, attirent chaque année des millions de visiteurs. Selon l’office de tourisme de Caen-la-Mer, près de 755 000 visiteurs uniques ont fréquenté les plages du Débarquement entre le 1er et le 9 juin 2024. Cette affluence a incité certaines entreprises à proposer des survols en hélicoptère, une option jugée élitiste et polluante.
Dans le bocage normand, hélicoptères et véhicules d’époque se croisent au moment des « célébrations » du D-Day. © Guy Pichard / Reporterre
Plusieurs sociétés, comme Heli Événements, proposent des circuits aériens, avec des tarifs allant de 65 euros pour six minutes de vol à 330 euros pour quarante minutes. Une employée de Heli Événements affirme que l’entreprise s’efforce d’adopter une démarche écologique. Cependant, le bilan carbone des hélicoptères reste préoccupant.
« Les riches touristes survolent les plages et, pendant ce temps, la qualité de l’air ici est moyenne ou médiocre. »
Alexandra Beldjoudi, cosecrétaire des Écologistes Normandie, souligne que cette activité est en contradiction avec la transition écologique. Malgré les efforts des entreprises pour se présenter comme respectueuses de l’environnement, les hélicoptères ne peuvent pas être considérés comme une option de tourisme durable.
En outre, l’office de tourisme de Caen-la-Mer promeut également des survols en DC-3, un avion ancien, pour 270 euros, affirmant qu’il s’agit d’un moment rare mêlant émotion et patrimoine. Selon Guillaume Yverneau, docteur en histoire contemporaine, l’histoire du Débarquement attire à la fois un public populaire et élitiste, soulevant des questions sur la nature même des commémorations.
Source : Reporterre
