Les États généraux du film documentaire : une vitrine pour la jeune création d’Afrique subsaharienne
Les États généraux du film documentaire, qui se déroulent à Lussas, en Ardèche, depuis le 16 août 2026, se poursuivent jusqu’au 22 août. Cette édition met en lumière la « Jeune création d’Afrique subsaharienne », avec la sélection de huit films provenant du Sénégal, de la République démocratique du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun et du Soudan. Ces œuvres, qu’elles soient des courts ou longs métrages, offrent un aperçu des perspectives d’une nouvelle génération de cinéastes sur leurs sociétés, abordant des thèmes tels que les récits intimes, la mémoire, les transformations urbaines et les enjeux politiques.
Les films présentés explorent des lieux souvent négligés par les caméras, allant des rues de Dakar aux paysages forestiers du Cameroun, en passant par Kisangani et Khartoum. Les organisateurs souhaitent « faire entendre des gestes, des regards et des manières d’habiter le monde ».
Parmi les œuvres notables, Catcher du réalisateur congolais Derwa Kasunzu suit un lutteur dans sa quête pour honorer la mémoire de son mentor. De son côté, Mamadou Khouma Gueye, réalisateur sénégalais, interroge dans Liti Liti les transformations de son quartier d’enfance à Dakar, évoquant la perte progressive des lieux de sa jeunesse et d’un mode de vie.
Le festival met également en avant le cinéma tunisien, avec treize films sélectionnés, dont Tomates maudites de Marwa Tiba, qui aborde les effets du changement climatique sur l’agriculture dans le sud de la Tunisie.
Cependant, des défis subsistent pour la circulation des films d’Afrique subsaharienne dans des festivals comme celui de Lussas. Mamadou Khouma Gueye souligne la nécessité d’une meilleure programmation pour permettre à ces films de gagner en visibilité. Il appelle les jeunes cinéastes à se concentrer sur la création de réseaux de distribution pour donner une voix à leurs récits.
Les films sélectionnés ont été reçus avec un intérêt marqué, offrant des perspectives variées et contemporaines sur la réalité africaine, notamment à travers le prisme du mariage et de l’évolution des villes. Cette initiative vise à donner aux jeunes cinéastes l’opportunité de raconter l’Afrique sous des angles diversifiés.
Source : RFI



