Soumission chimique : le Venoge Festival propose des autotests

Le Venoge Festival met en place des autotests contre la soumission chimique

Le Venoge Festival, qui s’est tenu dans le canton de Vaud, a introduit pour la première fois des autotests permettant de vérifier discrètement le contenu des boissons. Près de 600 de ces tests ont été distribués ou vendus durant l’événement. Aucun cas de verre drogué n’a cependant été signalé à l’équipe de prévention.

Cette initiative s’ajoute aux couvercles placés sur les verres, déjà présents dans de nombreux festivals. Les festivalières et festivaliers pouvaient se procurer un autotest en cas de doute sur leur boisson. De la taille d’une carte de visite, le dispositif comporte deux zones réactives sur lesquelles quelques gouttes de la boisson doivent être déposées. Selon l’entreprise Heaven, qui a développé l’outil, un changement de couleur indique la présence potentielle de l’une des quelque 600 substances détectables.

Les tests étaient disponibles à deux francs dans les bars du festival ou gratuitement au stand de prévention. Plusieurs festivalières interrogées ont jugé le dispositif rassurant, évoquant des connaissances ayant été hospitalisées après avoir été droguées.

Concernant l’impact de cette première expérimentation, la responsable de la prévention du festival a indiqué qu’aucun cas de verre drogué n’a été signalé. Le festival a financé près de 500 tests, distribués gratuitement, et une centaine d’exemplaires supplémentaires ont été vendus.

L’entreprise Heaven a été fondée par Lola Gabril, 22 ans, qui a développé ce dispositif après avoir été victime de soumission chimique à l’âge de 18 ans. Son objectif est de proposer une solution concrète pour aider les femmes à se sentir en sécurité.

Le Centre universitaire romand de médecine légale reçoit entre 100 et 200 échantillons par an pour des suspicions d’intoxication au GHB, mais seuls un à deux cas sont confirmés après analyse. Marc Augsburger, responsable de l’unité de toxicologie, souligne que l’ampleur réelle du phénomène est difficile à évaluer, car de nombreuses victimes ne se rendent pas à l’hôpital ou ne signalent pas les incidents.

Les autorités rappellent l’importance de ne pas laisser son verre sans surveillance et de consommer avec prudence. Une modification législative est également en cours pour permettre aux victimes de viols liés à la soumission chimique d’être prises en charge par l’assurance-accident.

Source : Gianluca Agosta/ther

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