Réunion de crise de l’UE : L’Italie minimise sa riposte contre l’Espagne
Lors d’une réunion en ligne des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, le ministre italien, Matteo Piantedosi, a affirmé que la décision de l’Italie de renforcer les contrôles à sa frontière ne devait pas être interprétée comme une me dirigée contre l’Espagne. « Il ne s’agit en aucun cas d’une me dirigée contre l’Espagne ou tout autre partenaire », a-t-il déclaré, en réponse à la crise migratoire récente à Ceuta.
Cette réunion a été convoquée pour discuter des conséquences de l’afflux de près de 60 000 migrants marocains à Ceuta, une situation qui a suscité des critiques de la part de Rome à l’encontre de Madrid pour sa gestion de la crise. Le gouvernement de Giorgia Meloni, soutenu par le Danemark et 20 autres pays, a reproché à l’Espagne d’avoir mis en place des politiques d’immigration favorables qui ont contribué à cet afflux.
Piantedosi a défendu les contrôles temporaires aux frontières maritimes et aériennes pour les arrivants d’Espagne, affirmant que ces mes sont légales et que d’autres pays ont fréquemment eu recours à des contrôles similaires. Il a également évoqué la situation historique de l’Italie en matière de répartition inégale des charges migratoires au sein de l’UE.
À l’issue de la réunion, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a exprimé l’espoir que l’Italie reconsidère sa décision de renforcer les contrôles frontaliers. Il a ajouté que 70 000 des 72 000 personnes qui avaient pénétré à Ceuta sont désormais rentrées au Maroc.
Plusieurs diplomates ont signalé un consensus pour apaiser les tensions politiques au sein de l’UE et concentrer les efforts sur des solutions techniques pour renforcer la dissuasion migratoire. Aucun ministre n’a proposé la suspension de l’Espagne de l’espace Schengen, et le ton de la réunion a été qualifié de constructif.
Malgré cela, la majorité des gouvernements de l’UE maintiennent leur opposition au plan du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, visant à régulariser environ 500 000 immigrants sans papiers vivant en Espagne, estimant que cela pourrait inciter d’autres migrants à se rendre à Ceuta.
L’UE prévoit de revenir sur ces questions lors d’une réunion informelle des ministres de l’Intérieur en octobre, ainsi qu’au prochain Conseil européen.
Source : Euractiv.



