« Pour le moment, on attend » : faut-il commander du fioul maintenant malgré son prix ?

Faut-il commander du fioul maintenant malgré son prix ?

Rémy, résident d’une commune rurale du Nord-Finistère, a décidé de ne pas commander de fioul cette année. Chaque été, depuis l’achat de sa maison en 2024, il passait une commande pour profiter de la baisse habituelle des prix avant de relancer son chauffage fin octobre. Cependant, cette année, le prix pour 500 litres, avec l’offre d’achat groupé, s’élève à 780 €, contre 515 € l’an passé. « Alors, pour le moment, on attend », confie-t-il.

Cette attitude d’attentisme est partagée par de nombreux Français. Maëlle Ricard, directrice opérationnelle d’Énergies réduc, explique que « depuis le début de l’année, et particulièrement cet été, le marché est en baisse de 61 %. C’est très difficile pour tous les acteurs de la filière ». La plateforme de commandes Fioulreduc, comme l’ensemble du marché, est touchée par cette chute de la demande.

Le Brent fait du yo-yo

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le cours du Brent fluctue, augmentant à chaque nouvelle tension entre l’Iran et les États-Unis et diminuant lors d’annonces de discussions de paix.

Rémy, abonné à la plateforme de commandes groupées POEMOP, reste optimiste, affirmant : « Je ne pense pas que le prix du fioul puisse augmenter davantage. Dès que ça descendra, on sautera sur les prix ». En cas de hausse, il prévoit de commander 500 litres au moment d’allumer le chauffage.

Attendre ou commander ?

La situation actuelle est sans précédent depuis la crise de 2008, et son évolution reste imprévisible. Maëlle Ricard précise : « Il y a eu des augmentations, mais c’était sans commune me avec ce qu’on vit là ». Les pays de l’Opep annoncent une hausse des quotas de production pour septembre, mais la distribution pourrait être compliquée par le blocage du détroit d’Ormuz et la présence de rebelles yéménites en mer Rouge. Cela soulève des inquiétudes quant à la capacité de production et aux délais de livraison pour les consommateurs.

Électrification du parc

À moyen terme, les hausses de prix pourraient accélérer la baisse de la demande en fioul, déjà amorcée par l’électrification des modes de chauffage. Selon une étude de l’INSEE, la France est passée de 4,6 à 2,6 millions de résidences principales chauffées au fioul entre 2006 et 2022. Une tendance similaire est observée en Bretagne.

Si les prix actuels se maintiennent, Rémy envisage d’équiper sa maison d’une pompe à chaleur après des travaux de rénovation énergétique. Seule une baisse de la taxation sur le bio fioul pourrait limiter cette érosion de la consommation.

Source : Le Télégramme

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