Les abstentionnistes ultra-marins : l’autre armée de réserve que LFI cherche à mobiliser

Les abstentionnistes ultra-marins : l’autre armée de réserve que LFI cherche à mobiliser

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, La France insoumise (LFI) s’active pour identifier les réservoirs électoraux capables de permettre à Jean-Luc Mélenchon de franchir le seuil qui lui avait manqué en 2022 pour accéder au second tour. Si les quartiers populaires des grandes métropoles constituent la cible principale de cette stratégie, les territoires ultramarins prennent également une place croissante dans le calcul politique de LFI. De la Nouvelle-Calédonie aux Antilles, en passant par la Guyane et La Réunion, le discours se concentre sur l’autonomie, l’anticolonialisme et la reconnaissance des spécificités locales.

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon a pris acte de sa troisième place avec 22 % des voix, contre 23,2 % pour Marine Le Pen. Malgré une mobilisation importante de ses partisans, il n’a pas réussi à se qualifier pour le second tour, manquant de 421 309 voix pour affronter Emmanuel Macron.

Depuis lors, la réflexion stratégique de LFI s’articule autour de la question : comment et où aller chercher ces 421 000 suffrages manquants ?

Les abstentionnistes des banlieues populaires : un réservoir électoral convoité par LFI

Les experts de LFI ont rapidement identifié une « armée de réserve » dans les banlieues, où Jean-Luc Mélenchon a obtenu de bons résultats, mais où l’abstention reste très élevée. Par exemple, à Villetaneuse, il a recueilli 65,4 % des voix, tandis que le taux d’abstention était de 33,2 %.

Les stratèges de LFI estiment que si ces abstentionnistes se rendent aux urnes, ils voteront probablement comme leurs voisins, c’est-à-dire pour Mélenchon. Pour mobiliser ces électeurs, le leader insoumis a adopté un discours direct et un positionnement anti-système, s’engageant sur des thématiques telles que la lutte contre l’islamophobie et les violences policières.

Marges de progression identifiées dans la population kanake

Jean-Luc Mélenchon cherche également à mobiliser les abstentionnistes des territoires ultramarins. Lors d’un meeting à Saint-Denis, il a déclaré que la Nouvelle-Calédonie « irait vers l’indépendance » s’il était élu, s’adressant ainsi à la population kanake, majoritairement indépendantiste. En 2022, il était arrivé largement en tête dans les communes de la côte est de la Grande-Terre, mais avec des taux d’abstention très élevés, atteignant jusqu’à 96,6 % à Ouvéa.

Autres territoires ultramarins

Dans son discours, Mélenchon a également évoqué la Guyane, où il avait obtenu un score de 50,6 % en 2022, malgré un taux d’abstention de près de 64 %. Il espère qu’une campagne de mobilisation pourra réduire ce taux à 40 %, entraînant un gain potentiel de près de 13 000 voix.

En s’adressant aux populations de la Réunion et des Antilles, il a promis de ne pas poser de tabous sur l’autonomie. Son engagement a déjà porté ses fruits, avec une hausse significative de ses résultats électoraux entre 2017 et 2022, notamment en Guadeloupe, où son score est passé de 24,1 % à 56,2 %.

Ainsi, à La Réunion, une augmentation de la participation de 10 points pourrait se traduire par 31 000 suffrages supplémentaires pour le candidat insoumis.

LFI semble donc déterminée à mobiliser cette « armée de réserve » dans les territoires ultramarins et les banlieues populaires, espérant que cela permettra à Jean-Luc Mélenchon d’accéder enfin au second tour en 2027.

Source : La France insoumise, ministère de l’Intérieur

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