Une nouvelle technique de préservation des cellules pourrait rendre la thérapie CAR-T plus accessible
Des chercheurs du MIT ont développé une méthode innovante pour protéger les cellules immunitaires, connues sous le nom de cellules CAR-T, utilisées dans le traitement de certains types de cancers du sang. Actuellement, seulement environ 5 % des hôpitaux aux États-Unis ont la capacité de générer et de livrer ces cellules aux patients, ce qui nécessite souvent de les congeler et de les expédier sur de longues distances.
Cette nouvelle technique vise à réduire les dommages causés lors de la congélation des cellules pour leur stockage et leur transport. En remplaçant un conservateur chimique traditionnel par un sucre antifreeze non toxique, les chercheurs estiment que cette méthode pourrait simplifier le processus pour un plus grand nombre d’hôpitaux. Selon Ana Jaklenec, chercheuse principale au Koch Institute for Integrative Cancer Research du MIT, cette approche permettrait théoriquement de décongeler les cellules et de les injecter directement, sans étapes de traitement supplémentaires.
Les résultats de l’étude, publiés dans la revue Trends in Biotechnology, montrent que les cellules préservées selon cette méthode ont des taux de survie plus élevés et peuvent être utilisées efficacement contre des cancers comme le lymphome et le glioblastome dans des modèles murins.
Pour fabriquer des cellules CAR-T, les médecins isolent des lymphocytes T à partir d’échantillons de sang des patients, puis les modifient pour exprimer un récepteur antigénique chimérique (CAR) ciblant des protéines spécifiques des cellules cancéreuses. La majorité des cellules CAR-T sont générées dans des laboratoires centralisés, puis congelées et expédiées vers des centres de traitement.
Traditionnellement, les cellules sont traitées avec du diméthylsulfoxyde (DMSO) pour prévenir la formation de cristaux de glace, mais ce produit chimique doit être retiré avant la transfusion, une étape qui n’est pas réalisable dans de nombreux hôpitaux. L’élimination du DMSO peut également nuire aux cellules, diminuant leur viabilité. L’équipe du MIT a donc cherché à réduire ou à éliminer l’utilisation de ce produit chimique.
Les chercheurs ont utilisé deux sucres, le tréhalose et le saccharose, connus pour aider les cellules à survivre à des températures froides. En utilisant une technique appelée électroporation, ils ont pu introduire ces sucres dans les cellules, tout en n’ayant besoin que d’une petite quantité de DMSO, suffisamment faible pour ne pas nécessiter d’élimination ultérieure.
Les tests menés sur des cellules CAR-T et des cellules souches mésenchymateuses ont montré qu’un pourcentage plus élevé de cellules survivait au processus de congélation et de décongélation lorsque des sucres étaient utilisés comme principal cryoprotecteur. Les cellules CAR-T décongelées ont également montré des taux de survie plus élevés dans des modèles murins de lymphome non hodgkinien et de glioblastome.
Les chercheurs espèrent collaborer avec des hôpitaux pour intégrer cette nouvelle technique dans le processus de production et de décongélation des cellules CAR-T, avec la perspective d’éventuels essais cliniques si les résultats sont concluants.
Cette recherche a été soutenue par des bourses postdoctorales du Ludwig Center du Koch Institute et du Convergence Scholars Program du MIT Marble Center for Cancer Nanomedicine.
Source : MIT News



