La nymphoplastie : une chirurgie en vogue
Dans le jargon médical, une plastie désigne la reconstruction ou la réparation chirurgicale d’un organe ou d’une partie du corps. La nymphoplastie, ou labiaplastie, concerne spécifiquement les petites lèvres.
Comme l’explique le Dr Vincent Crépaux, gynécologue médical et obstétrique, « la nymphoplastie est une intervention consistant en la résection partielle des petites lèvres », souvent liée à une hypertrophie de ces dernières.
Du flou sur les causes
L’origine de cette hypertrophie est souvent idiopathique, c’est-à-dire sans cause connue, et parfois congénitale. Selon Charalambos Georgiou, auteur d’une thèse sur le sujet, « souvent les patientes sont nées avec une hypertrophie qui reste inaperçue jusqu’à la puberté ».
Des idées reçues
Plusieurs facteurs peuvent influencer ou aggraver cette hypertrophie, tels que :
- la prise d’androgènes
- les irritations chroniques
- la grossesse
- l’avancée en âge
Des mythes associent également l’hypertrophie à la masturbation ou à une activité sexuelle excessive, sans preuve scientifique à l’appui.
Une gêne fonctionnelle
Les motivations des patientes pour cette intervention sont généralement de trois ordres :
- gêne lors des rapports sexuels
- inconfort durant certaines activités ou le port de vêtements
- préoccupations esthétiques liées à une taille jugée disgracieuse
Ces facteurs peuvent impacter la confiance en soi et engendrer des appréhensions lors des rapports sexuels.
Subjectivité
L’hypertrophie des petites lèvres ne bénéficie pas d’une définition internationale, rendant les normes de la « vulve idéale » très subjectives. L’indication chirurgicale est donc à la discrétion des médecins, visant à réduire la taille des petites lèvres et à corriger une éventuelle asymétrie préexistante.
Un effet de mode ?
La nymphoplastie est devenue l’intervention esthétique génitale féminine la plus courante. La société internationale de chirurgie plastique a noté une augmentation de 73,3 % du nombre d’interventions entre 2015 et 2019, soulignant un effet de mode et une médiatisation croissante.
Comment se déroule-t-elle ?
L’intervention, considérée comme « relativement simple », se pratique sous anesthésie générale et souvent en ambulatoire. Les suites sont peu douloureuses, avec des soins simples. La reprise d’activités sportives ou sexuelles peut se faire après 2 à 3 semaines, et l’aspect définitif est évalué entre 1 et 2 mois. La satisfaction des patientes est généralement élevée, avec des études rapportant un taux supérieur à 90 %. Le taux d’incidence des complications est estimé entre 2 % et 7 %.
Source : Dr Vincent Crépaux, Charalambos Georgiou



