La bataille n’est pas terminée

Près de 250 personnes, dont de nombreuses familles, dorment encore sur le parvis de la mairie de Paris Centre, malgré la fin de la grève du Samu social. Les agents ont mis un terme à leur mouvement après plus de deux mois de protestation, obtenant des garanties pour leurs conditions de travail, mais la situation des sans-abri demeure préoccupante.

Louis Stavohagen, médiateur de la CGT, a déclaré : « On est fatigués », soulignant une « bataille acharnée » avec la direction. Les travailleurs sociaux et écoutants du 115, en grève depuis le 23 juin, ont réussi à obtenir des primes et des garanties sur l’organisation de leur travail. Toutefois, ils prévoient de se retrouver en octobre pour s’asr que le protocole de fin de conflit soit respecté, car « la bataille n’est pas complètement terminée ».

Le 23 juin, le Samu social était déjà sous une pression accrue. Les travailleurs du 115 avaient entamé une grève reconductible suite à la décision du préfet de ne pas maintenir 1200 places d’hébergement supplémentaires ouvertes cet hiver. À ce moment-là, les grévistes ont été rejoints par des familles expulsées et l’association Utopia 56, qui a demandé des solutions durables pour les personnes sans abri.

Les expulsions, ordonnées par la préfecture de police le 12 août, ont conduit à un campement de 450 personnes, dont 150 enfants. Le lendemain, certaines familles ont été déplacées vers des lieux d’hébergement, mais selon Luc Viger, coordinateur d’Utopia 56, les options proposées étaient « totalement inadaptées ».

Utopia 56 a dénoncé le manquement de l’État à ses obligations légales, rappelant que l’article L. 552-8 du CESEDA impose à l’État de fournir un hébergement aux demandeurs d’asile. De plus, l’article 17 de la directive 2013/33/UE exige des États qu’ils garantissent des conditions matérielles d’accueil adéquates.

L’association a proposé la Halle du Carreau du Temple, un ancien marché couvert, comme solution temporaire. Cependant, Fatoumata Koné, adjointe en charge de la Solidarité de Paris, a rappelé que la ville accueille déjà 2 100 personnes et commence à atteindre ses capacités maximales. Elle a souligné que l’hébergement d’urgence relève de la compétence de l’État.

Dans un communiqué, la préfecture de police a indiqué avoir mis à l’abri 114 personnes dans le cadre de l’évacuation des locaux du Samu social.

Source : France 3 Régions

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