La réforme de l’OETH : un bénéfice inégal pour les grandes entreprises
Selon une étude de la Dares publiée en juillet 2026, la réforme de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH), mise en œuvre depuis janvier 2020, a conduit à une augmentation des recrutements, mais cet effet est principalement observé dans les grandes entreprises. Dans les PME nouvellement concernées, l’impact reste très limité.
La réforme, instaurée par la loi du 5 septembre 2018, a modifié le calcul de l’obligation d’embaucher 6 % de travailleurs handicapés, passant d’un périmètre établissement à un périmètre global de l’entreprise. Ce changement a entraîné une augmentation de l’objectif national d’emploi de travailleurs handicapés de 19 %, avec 10 % d’entreprises supplémentaires soumises à cette obligation.
L’étude de la Dares compare les entreprises déjà soumises à l’OETH avant 2020 avec celles assujetties après avoir franchi le seuil de 20 salariés. Entre 2020 et 2022, les grandes entreprises ont enregistré une hausse de 11 % de leurs embauches de travailleurs handicapés en CDI par rapport à l’année précédente. En revanche, les entreprises de taille intermédiaire ont principalement eu recours à des contrats intérimaires, tandis que les petites structures n’ont pas montré d’effet significatif sur les recrutements.
Le bilan global indique que, malgré une légère hausse, seulement 35 % des entreprises respectaient leur obligation en 2024, tandis que 28 % n’employaient aucun bénéficiaire. Le taux d’emploi des travailleurs handicapés atteignait alors 5,1 %, contre 4,5 % en 2020. Ce taux varie également selon la taille des entreprises, atteignant 3,8 % pour celles de 20 à 49 salariés et 6,4 % pour celles de 2 500 salariés ou plus.
L’étude souligne que les PME privilégient d’autres leviers, comme le maintien dans l’emploi ou le recours à des dispositifs spécifiques, ce qui limite l’efficacité de l’OETH comme outil de recrutement. En conséquence, il est suggéré de mieux accompagner les petites entreprises pour transformer cette obligation en recrutements durables.
La France consacre actuellement seulement 0,1 % de son PIB à l’emploi des personnes handicapées, un chiffre bien inférieur à celui du Danemark (0,9 %) et des Pays-Bas (0,3 %).
Source : Dares, juillet 2026


