Christine Lagarde dénonce la fragmentation des marchés en Europe
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), a exprimé des préoccupations concernant la fragmentation des marchés en Europe, soulignant son impact négatif sur la croissance économique. Lors d’une intervention devant l’International Business Council du Forum économique mondial (WEF) à Genève, elle a affirmé que l’Europe ne peut pas se permettre de rater la révolution de l’intelligence artificielle (IA), après avoir manqué la première révolution numérique.
Lagarde a insisté sur la nécessité d’achever le marché unique de l’UE et d’intégrer des marchés de capitaux encore trop fragmentés pour rivaliser avec des puissances telles que les États-Unis et la Chine. Elle a déclaré : « L’Europe est largement passée à côté de la première révolution numérique, car les retombées économiques ont été captées de manière disproportionnée ailleurs. Nous ne pouvons pas nous permettre de revivre cette expérience avec l’IA. »
Elle a également évoqué l’importance de l’accès aux capitaux, soulignant que les entreprises de l’UE dépendent principalement du crédit bancaire, tandis que les marchés de capitaux nationaux restent sous-développés. Cette situation crée des obstacles pour les entreprises, les rendant moins compétitives par rapport à leurs homologues américaines.
Lagarde a mis en avant que l’UE représente environ 6 % de la population mondiale, mais jusqu’à 15 % des chercheurs, produisant presque un cinquième des publications scientifiques les plus citées au monde. Elle a noté que les entreprises de la zone euro prévoient d’allouer en moyenne 9 % de leur investissement total à l’IA cette année.
Pour remédier à cette fragmentation, Lagarde a appelé à l’accélération de réformes clés actuellement en négociation à Bruxelles, notamment l’Union de l’épargne et de l’investissement, et le projet EU Inc., qui vise à faciliter la création d’entreprises à l’échelle de l’UE.
Source : Euronews



