Témoignage. 

« Je pensais que la famille dont je rêvais n’était pas possible » : un papa raconte son parcours GPA aux États-Unis

Publié le 12/06/2026 à 06h00
Temps de lecture : 5 min
Provence-Alpes-Côte d’Azur

Longtemps, Harry a cru que devenir père serait un rêve inaccessible. Aujourd’hui, il est papa de Joseph, né grâce à une gestation pour autrui (GPA) réalisée aux États-Unis. Dans ce témoignage, il partage son parcours pour rendre visible une autre façon de construire une famille.

Harry a longtemps pensé que la paternité était hors de portée pour lui. Comme beaucoup de personnes homosexuelles, il avait intégré l’idée que certains projets familiaux lui seraient inaccessibles. « Je pensais qu’il était juste possible d’adopter », confie-t-il. À 18 ans, il découvre son orientation sexuelle et se heurte à des complications supplémentaires. La GPA ne fait pas partie de son horizon à ce moment-là. Ce n’est que des années plus tard, en couple avec son conjoint, qu’il prend connaissance de cette option grâce à un couple d’amis qui a eu recours à la GPA.

Avant d’entamer les démarches, Harry reconnaît avoir eu des préjugés. « Il y a tout de suite l’étiquette de ‘on achète un enfant’. C’est exactement l’idée que j’ai eue au début », admet-il. Cependant, il se rend vite compte que ses réflexions sont le fruit d’un manque de connaissances. « On a forcément des idées reçues quand on juge le projet de très loin. Mais quand on le vit à 300 %, on se rend compte que ce n’est pas du tout ce à quoi on pensait. »

Avec son mari, Harry choisit de réaliser la GPA aux États-Unis, attirés par l’encadrement du processus. « Je me suis dit : je veux le faire de la façon la plus éthique possible », souligne-t-il. Il insiste sur le fait que les femmes porteuses ne sont pas motivées par l’argent, précisant que les mères porteuses doivent avoir un revenu minimum et être déjà mères.

Après un long parcours administratif et des entretiens, ils rencontrent Jennifer, leur mère porteuse. « Au début, il faut trouver un équilibre entre une relation humaine et tout l’aspect médical, ça peut être un peu troublant », explique Harry. Au fil de la grossesse, les liens se renforcent.

Dans un contexte post-Covid, le couple ne peut se rendre aux États-Unis que deux semaines avant l’accouchement. « On sera éternellement reconnaissant vis-à-vis d’elle. Elle fait partie de notre famille et on fait partie de la sienne », confie Harry.

Pour lui et son compagnon, il est essentiel de parler à leur fils de son origine. « On a toujours été transparents. Depuis qu’il est tout petit, même avant qu’il parle, on lui racontait. » Harry souligne que cacher leur histoire serait envoyer un message négatif. « C’est la diversité de la vie. Tout le monde a la même valeur et doit avoir le même respect. »

Harry espère que les mentalités changeront avec le temps. « Il faut accepter que certaines personnes soient surprises, qu’elles aient des questions parce qu’elles ne connaissent pas. Mais il ne faut jamais accepter le rejet, le mépris ou les insultes. »

*Les prénoms ont été modifiés.

Source : France 3 Provence-Alpes

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