Relâcher des millions de moustiques pour faire baisser leur population : le principe surprend

Relâcher des millions de moustiques pour faire baisser leur population : le principe surprend

En juin 2026, Alphabet, la maison mère de Google, a soumis une demande d’autorisation à l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) pour libérer 32 millions de moustiques génétiquement modifiés en Californie et en Floride au cours des deux prochaines années. Ce projet, connu sous le nom de projet Debug, a été lancé en 2016 par Verily, la branche sciences de la vie d’Alphabet.

Le programme utilise une bactérie appelée Wolbachia, naturellement présente chez de nombreux insectes, qui ne pose aucun risque pour les humains. Des moustiques mâles de l’espèce Culex sont élevés en laboratoire et inoculés avec cette bactérie. Lorsqu’ils s’accouplent avec des femelles sauvages, les œufs pondus ne sont pas viables, ce qui entraîne une réduction progressive de la population de moustiques, sans recourir à des produits chimiques.

Un aspect essentiel à souligner est que seules les femelles moustiques piquent. La libération de mâles n’entraîne donc aucune nuisance supplémentaire pour les habitants des zones concernées. L’espèce ciblée, le moustique Culex, est le principal vecteur de deux maladies présentes en Californie : le virus du Nil occidental et l’encéphalite de Saint-Louis. Un échantillon positif du virus du Nil occidental a été confirmé dans le comté de Riverside au moment de la demande, illustrant l’urgence sanitaire à laquelle répond ce projet.

Des expériences similaires à une échelle réduite ont montré des baisses significatives des populations de moustiques. Toutefois, passer de quelques milliers à 32 millions d’individus représente un défi logistique majeur. Le projet Debug intègre des systèmes de tri automatisés par intelligence artificielle pour distinguer les mâles des femelles, ainsi que des plateformes de libération montées sur véhicules pour une distribution contrôlée.

Le calendrier prévu, sous réserve de validation par l’EPA, se déroule en deux phases : la première année, jusqu’à 16 millions de moustiques par État, suivie de 16 millions supplémentaires l’année suivante. Les zones de libération spécifiques n’ont pas encore été annoncées, et l’EPA examine actuellement la demande dans le cadre d’un permis d’utilisation expérimentale, avec une période de commentaires citoyens.

Ce projet démontre qu’une approche biologique ciblée peut constituer une alternative aux pesticides traditionnels, sans les effets indésirables sur les pollinisateurs et les écosystèmes aquatiques, une voie que les autorités sanitaires mondiales seraient avisées de suivre.

Source : Futura Sciences

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