Cancers gynécologiques : les nouveaux traitements en 2026

À l’occasion de septembre turquoise, on fait le point sur les nouveaux traitements disponibles pour les femmes touchées par un cancer gynécologique en 2026 et les évolutions du parcours de soin. Cette année, l’immunothérapie et les thérapies ciblées se distinguent. On vous explique qui est concerné et ce que ça change concrètement pour les patientes.

Cancer de l’endomètre avancé ou récidivant : de l’immunothérapie dès la première ligne

Ce qui change en termes de traitement

Pour les formes avancées ou les récidives du cancer de l’endomètre, le traitement standard reposait uniquement sur la chimiothérapie. Pour améliorer son efficacité, elle est désormais associée à une immunothérapie (pembrolizumab/Keytruda®, durvalumab/Imfinzi®, dostarlimab/Jemperli®), administrée par voie intraveineuse. L’immunothérapie est ensuite poursuivie en traitement d’entretien, seule ou en combinaison avec une thérapie ciblée.

Le choix du protocole dépend d’un marqueur biologique présent sur la tumeur : le MMR (MisMatch Repair). « La recherche du statut MMR est donc dorénavant indispensable dès le diagnostic », souligne le Dr Manuel Rodrigues, oncologue médical et spécialiste des cancers gynécologiques à l’Institut Curie.

Ce qui change pour vous (si vous êtes concernée)

  • En termes d’effets secondaires

Comme toute immunothérapie, ces traitements peuvent entraîner des réactions inflammatoires ou auto-immunes liées à l’activation du système immunitaire. Pour les détecter précocement, vous ferez régulièrement des bilans sanguins. Votre oncologue vous indiquera également les signes à surveiller.

  • En termes de prise en charge

L’ajout de l’immunothérapie à la chimiothérapie modifie peu votre prise en charge puisque les deux traitements sont administrés le même jour. En revanche, l’immunothérapie d’entretien prolonge votre parcours de soins : pendant 2 à 3 ans, vous devrez vous rendre environ toutes les 6 semaines à l’hôpital pour la recevoir.

Cancer du col de l’utérus précoce : vers une désescalade chirurgicale

Ce qui change en termes de traitement

Pour les patientes atteintes de cancers du col de l’utérus de petite taille, détectés précocement et présentant un faible risque de récidive, la chirurgie s’allège. On privilégie désormais une hystérectomie simple (retrait de l’utérus seul) plutôt qu’une chirurgie élargie aux tissus voisins.

Ce qui change pour vous (si vous êtes concernée)

Cette procédure préserve les nerfs pelviens et réduit considérablement les séquelles urinaires sans compromettre l’efficacité du traitement.

Cancer du col de l’utérus avancé : l’immunothérapie intégrée au traitement curatif

Ce qui change en termes de traitement

Pour les cancers du col de l’utérus localement avancés, la prise en charge reposait uniquement sur la radiochimiothérapie, soit l’association de la radiothérapie et d’une chimiothérapie. Pour améliorer son efficacité, la radiochimiothérapie est désormais associée au pembrolizumab (Keytruda®) pour les tumeurs les plus avancées. Cette immunothérapie est ensuite poursuivie seule, en traitement d’entretien.

Ce qui change pour vous (si vous êtes concernée)

  • En termes d’effets secondaires

Comme toute immunothérapie, ces traitements peuvent entraîner des réactions inflammatoires ou auto-immunes liées à l’activation du système immunitaire. Pour les détecter précocement, vous ferez régulièrement des bilans sanguins. Votre oncologue vous indiquera également les signes à surveiller.

  • En termes de prise en charge

L’ajout de l’immunothérapie à la radiochimiothérapie modifie peu votre prise en charge puisque les deux traitements sont administrés le même jour. En revanche, l’immunothérapie d’entretien prolonge votre parcours de soin : pendant 2 ans, vous devrez vous rendre environ toutes les 6 semaines à l’hôpital pour la recevoir.

Cancer de l’ovaire résistant au platine : l’arrivée d’une thérapie ciblée

Ce qui change en termes de traitement

Lorsque le cancer de l’ovaire récidivait et ne répondait plus aux chimiothérapies habituelles à base de platine, les options thérapeutiques se limitaient à d’autres chimiothérapies. Désormais, les patientes dont la tumeur résiste aux chimiothérapies et exprime le récepteur alpha du folate (environ un tiers des cas) peuvent bénéficier d’une thérapie plus spécifique qui cible ce marqueur : le mirvétuximab soravtansine/Elahere®. La présence du récepteur alpha du folate est donc systématiquement recherchée pour identifier les patientes éligibles au traitement.

Ce qui change pour vous (si vous êtes concernée)

  • En termes d’effets secondaires

En comparaison des chimiothérapies classiques, le mirvétuximab soravtansine entraîne nettement moins de nausées sévères, de pertes de cheveux et de fatigue extrême. Il peut en revanche provoquer des effets secondaires au niveau des yeux : sécheresse, vision floue. C’est pourquoi vous bénéficierez d’un suivi ophtalmologique régulier et de collyres préventifs pour les éviter.

  • En termes de prise en charge

Vous recevrez ce traitement par voie intraveineuse toutes les 3 semaines tant qu’il est efficace.

Merci au Dr Manuel Rodrigues, oncologue médical et spécialiste des cancers gynécologiques à l’Institut Curie, pour son aide dans l’écriture de cet article.

Rédactrice en chef du site web de Rose magazine. Titulaire d’un doctorat en biologie, Emilie a travaillé 10 ans dans le domaine des brevets en biotechnologie avant d’opérer une reconversion dans le journalisme. Elle intègre la rédaction de Rose magazine en 2018. Sa spécialité : vulgariser des sujets scientifiques pointus pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

Source : Rose magazine.

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