Décapités, ou de la violence mimétique
Par Frédéric Bisson
Le régime des mollahs a été décapité. Depuis le 28 février 2026, cette phrase revient fréquemment sur les chaînes d’information, accompagnée d’une insistance marquée.
Depuis la mort d’Ali Khamenei sous les frappes anti-bunker israélo-américaines, le terme « décapité » est utilisé dans un sens figuré, correspondant à une stratégie militaire conventionnelle : les frappes qui ont entraîné la mort de Khamenei sont qualifiées de « frappes de décapitation ». Cette expression désigne une opération visant à déstabiliser la structure de commandement d’un régime en éliminant de façon ciblée ses dirigeants.
La décapitation, dans ce contexte, est un type spécifique de ce que l’on appelle des « frappes chirurgicales ». Pour pouvoir « décapiter » un régime, il est essentiel de disposer des moyens techniques et technologiques adéquats, permettant une précision élevée dans l’identification et l’élimination de la cible. Cette précision est comparable à celle d’un chirurgien opérant un patient pour retirer un organe vital, tout en préservant les autres. Ainsi, bien que le régime ait été décapité, le peuple iranien, lui, continue de vivre et pourra se reconstruire après l’élimination de cette « tête malade », semblable à l’ablation d’une tumeur.
La métaphore organique est couramment utilisée dans le langage militaire, illustrant un fantasme de rationalité propre à la guerre occidentale : une guerre « chirurgicale », précise et propre. Ce discours suggère que l’on sait qui l’on élimine, et que cette élimination vise à préserver la vie.
Source : AOC Media


