Tarifs et négociations : des entreprises restent confrontées à des incertitudes

Tarifs et négociations : des entreprises canadiennes face à l’incertitude

Des groupes d’entreprises canadiennes se réjouissent du report temporaire des nouveaux droits de douane américains, mais cette me ne parvient pas à apaiser l’incertitude qui pèse sur les perspectives d’investissement et entrave la capacité des entreprises à planifier l’avenir. « Les entreprises ne peuvent pas prendre en toute confiance des décisions à long terme concernant la production, le recrutement, l’adoption de technologies et les investissements en capital sans connaître les conditions dans lesquelles elles commerceront avec leur plus grand marché », souligne Dennis Darby, président et chef de la direction de Manufacturiers et Exportateurs du Canada (MEC).

Le président américain Donald Trump a annoncé un report de trois jours sur l’application de nouveaux droits de douane de 50 % sur environ 28 milliards de dollars de marchandises. Ces droits, initialement prévus pour entrer en vigueur, auraient été imposés par le biais de l’article 338 de la Loi douanière de 1930, touchant des secteurs canadiens spécifiques tels que les exportations de miel, de bâtons de hockey, de ciment et de vin. Ils s’ajoutent aux droits déjà imposés l’année dernière au nom de la sécurité nationale sur un éventail plus restreint de produits canadiens, tels que le bois d’œuvre résineux, les automobiles et l’aluminium, en vertu de l’article 232 de la loi sur l’expansion du commerce de 1962.

Pour le MEC, ce répit n’élimine pas les dommages causés par l’incertitude. « Les négociateurs devraient mettre à profit ce délai supplémentaire de manière constructive pour parvenir à un accord global », précise M. Darby. Cela inclut la nécessité d’empêcher l’application des droits de douane au titre de l’article 338 et de s’attaquer aux droits existants au titre de l’article 232.

Candace Laing, présidente de la Chambre de commerce du Canada, souligne que cette prolongation ne garantit pas la signature d’un accord provisoire. « Cette situation d’incertitude n’est dans l’intérêt de personne – et le temps presse », déclare-t-elle.

Le Conseil du commerce du bois et le Conseil des industries forestières de la Colombie-Britannique indiquent que les implications pour leur secteur restent floues, alors que les droits de douane au titre de l’article 232 continuent de peser sur la situation.

William Pellerin, associé spécialisé en commerce international au cabinet d’avocats McMillan LLP, note que bien que certains clients ressentent un certain soulagement, peu de choses changent concrètement. « Les entreprises américaines ont modifié leurs habitudes d’achat depuis l’annonce des droits de douane », précise-t-il.

La situation demeure préoccupante pour plusieurs secteurs, et tant que les droits de douane actuels resteront en vigueur, de nombreuses industries devront faire face à des défis croissants.

Source : Radio-Canada

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