Le Crépin de Lyon : un patrimoine artisanal préservé

On pensait Le Crépin fermé. Finalement, cette enseigne centenaire de la presqu’île de Lyon survit. Une histoire de famille qui perdure depuis 130 ans, avec la quatrième génération désormais aux commandes.

Le dernier Crépin de Lyon, avec son croquenot emblématique, était menacé de disparition, faute de repreneur. Aujourd’hui, cette échoppe historique du centre-ville a été rebaptisée Maison Baudière. À l’intérieur, un comptoir en bois à l’ancienne, des étagères chargées de boîtes de toutes tailles, et des peaux de vaches tachetées accrochées aux murs. Les odeurs de cuir, de cirage et de cire d’abeille s’y mêlent, faisant de cette boutique une véritable caverne d’Ali Baba, toujours aussi charmante pour les nostalgiques et les passionnés du travail artisanal.

Jacques Baudière fils a décidé de reprendre les rênes de cette institution familiale, présente dans la rue Tupin depuis 1895. Il est le quatrième membre de sa famille à diriger cette boutique. Son arrière-grand-père y avait établi son commerce, il y a 130 ans.

« Mon grand-père était là depuis toujours, mon père a pris le relais en 2003. Cela faisait 22 ans qu’il était à la tête de la boutique. Il m’a transmis ses habitudes », confie Jacques Baudière fils. Ce dernier a hérité du savoir-faire de son père, soulignant l’importance du travail du cuir dans cette tradition familiale.

Au fil des années, la boutique a su diversifier son offre, proposant des peaux, des boucles pour ceintures et des produits d’entretien pour le cuir. Malgré son parcours en tant que commercial et formateur, Jacques Baudière fils n’avait jamais envisagé de reprendre le commerce familial. Cependant, il se rend compte que les produits proposés répondent aux attentes contemporaines.

« Je me suis dit, ce patrimoine lyonnais, il ne faut pas qu’il disparaisse. Je travaille sur des produits durables. Certains clients me disent : c’est votre père qui m’avait fait cette ceinture il y a dix ans. Ils l’ont toujours parce qu’elle est rivetée et faite avec du vrai cuir », explique-t-il, soulignant ainsi une prise de conscience sur la valeur de l’artisanat.

Pour les fidèles de la boutique, cette continuité est un soulagement. « C’est ancien, c’est le charme du quartier. Ça fait partie du patrimoine, il faut le conserver. Je préfère avoir des boutiques comme ça dans mon quartier que des boutiques un peu clinquantes avec des produits qui ne sont pas de qualité », résume une habituée.

Alors que de nombreux commerces du centre-ville ferment leurs portes, notamment à cause de la concurrence d’internet, certaines vieilles boutiques, comme Le Crépin, prouvent qu’elles ont encore de l’avenir.

Article rédigé à partir du reportage de J. Sauvadon et C. Cherry-Pellat. Première publication le 02 février 2026.

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