Tomates à 7,90 euros le kilo, salades en pénurie : la sécheresse bouleverse les étals de fruits et légumes
Cet été 2026, les canicules répétées et la sécheresse ont provoqué une pénurie de fruits et légumes, impactant les prix de manière inégale selon les circuits de distribution. Les maraîchers craignent également pour les cultures futures, déjà semées, affectées par la chaleur.
La grande distribution a confirmé des hausses de 40% pour les laitues et de 35% pour les tomates grappes par rapport à 2025. Toutefois, il ne s’agit pas d’une simple flambée générale des prix, mais plutôt d’une pénurie dont l’impact varie fortement selon les circuits de distribution.
Des variations spectaculaires en circuit court
Dans une épicerie toulousaine, Terridors, 90% des produits proviennent de producteurs locaux dans un rayon de moins de 150 km. Alexandre Aubertin, gérant, observe une forte volatilité des prix : « On était à 7,90 €/kg pour la tomate côtelée hier, et demain le cours baisse ». Il anticipe un prix sous les 5€/kg la semaine suivante, notant que les récoltes mûrissent simultanément dans la région.
Les abricots ont vu leur prix passer de 2,90 €/kg à 4,50 €/kg en un mois et demi, tandis que le concombre a augmenté de 1,50 €/kg à 2 €/kg en raison d’une disponibilité réduite. Malgré une hausse de 20% du prix d’achat de la salade, Terridors a choisi de maintenir son tarif de vente à 1,30 €/pièce, rognant ainsi sa marge.
« Je n’ai pas envie de faire varier mes prix tous les jours »
Dans une autre épicerie toulousaine, Campillo, aucun changement notable des prix n’est constaté : la salade reste à 1,20 € la pièce et la tomate ronde bio à 4,50 €/kg, des tarifs inchangés depuis près de quatre ans. La différence réside dans un choix commercial de lissage des prix, selon la vendeuse.
La contractualisation, un rempart contre la flambée
Régis Chevallier, président de la Fédération des maraîchers nantais, précise : « Plus qu’une augmentation des prix, on a connu une pénurie, mais ça ne fait pas pour autant monter les prix ». Une grande partie de la production, notamment la salade, est négociée six mois à l’avance avec la grande distribution. Malgré des rendements en baisse, les tarifs restent figés par contrat, tandis que la production nationale a chuté de 30% pour les carottes, 25% pour les courgettes et jusqu’à 60% pour le brocoli.
Au-delà de l’été, les producteurs s’inquiètent des cultures d’automne et d’hiver, déjà en terre, qui souffrent également de la chaleur. Les légumes-racines et à feuilles, tels que navets et épinards, risquent de « monter en graines » prématurément, rendant les récoltes immangeables. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la capacité d’adaptation d’une filière face à une météo de plus en plus imprévisible.
(Source : La Dépêche)



