La dette américaine dépasse, pour la première fois, les 40 000 milliards de dollars

Pour la première fois, la dette du gouvernement américain a franchi la barre des 40 000 milliards de dollars, selon les données publiées par le ministère des Finances le 19 août. Suite à la dernière émission de bons, la dette du Trésor américain s’élève désormais à 40 047 milliards de dollars, en raison d’une augmentation des emprunts liés à la santé et à la sécurité sociale, ainsi que des intérêts payés.

Cette hausse est plus rapide que prévue, le Bureau du Congrès pour le budget (CBO) ayant anticipé un endettement de l’État fédéral de 39 400 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. Cette situation survient alors que les inquiétudes liées à l’inflation, exacerbées par le conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie, ont fait grimper les coûts d’emprunt à des niveaux inédits depuis plusieurs années.

Le rendement des bons du Trésor à long terme a atteint son plus haut niveau depuis 2007, contraignant l’État à dépenser davantage pour se refinancer, ce qui aggrave son endettement. En réponse, le ministère des Finances a annoncé qu’il procéderait à des rachats d’obligations à long terme à partir de septembre, ce qui a rassuré les investisseurs.

Le déficit budgétaire américain est estimé entre 6 % et 7 % du produit intérieur brut (PIB). Jessica Riedl, spécialiste du budget à la Brookings Institution, a souligné que ce rythme de déficit n’est pas soutenable. La dette a plus que doublé depuis la crise financière de 2008 et représente désormais près de 125 % du PIB américain. Alors que des déficits de 3 % à 4 % du PIB suscitaient autrefois des inquiétudes, les niveaux actuels, avoisinant les 6 % à 7 %, rendent les marchés plus nerveux.

Les analystes notent qu’il n’existe pas de seuil d’endettement spécifique déclenchant automatiquement une crise, mais que ces repères alertent les marchés sur la nécessité de réexaminer la hausse de la dette. Les emprunts fédéraux ont considérablement augmenté pendant la crise financière de 2007-2009 et lors de la récession provoquée par la pandémie de Covid-19, posant des défis futurs si la trajectoire des dépenses budgétaires n’est pas abordée de manière significative.

Source : AFP

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