Mort d’Yvette Roudy : un combat pour le droit à l’IVG toujours d’actualité
Yvette Roudy, ancienne ministre des Droits des femmes, est décédée mardi à l’âge de 97 ans. En 1982, elle a été à l’origine du remboursement de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) par la Sécurité sociale. Près de 50 ans plus tard, bien que le droit à l’avortement soit inscrit dans la Constitution française, son accès demeure inégal à travers le pays, et les opposants à ce droit n’ont pas disparu.
Le parcours d’Yvette Roudy a marqué l’histoire du féminisme en France. En tant que ministre sous François Mitterrand, elle a œuvré pour instaurer des principes tels que l’égalité salariale et la parité en entreprise. Son action en faveur de l’IVG a été cruciale pour garantir l’accès à ce droit fondamental, qui reste à défendre aujourd’hui, en 2026, deux ans après la constitutionnalisation de l’IVG.
Cependant, la protection juridique forte ne doit pas occulter les inégalités d’accès à l’IVG. En France, il est plus difficile d’avorter dans des zones rurales comme la Creuse comparativement à des villes comme Paris. Les femmes vivant dans des départements comme l’Aisne, souvent touchés par des déserts médicaux, peuvent rencontrer des délais d’attente plus longs et des difficultés à obtenir des rendez-vous, sans toujours avoir accès à un centre de planning familial.
Aujourd’hui, le manque de ressources et d’infrastructures représente une menace significative pour l’accès à l’IVG. De plus, les lobbies anti-IVG continuent de se faire entendre. Par exemple, dans les médias, des personnalités comme Philippe de Villiers expriment régulièrement leur opposition à l’IVG, la qualifiant de menace existentielle.
Les élus politiques anti-avortement, bien que plus discrets qu’auparavant, ne sont pas absents du paysage. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National, a changé de discours depuis 2012 et a voté pour la constitutionnalisation de l’IVG en 2024. Toutefois, des élus de son parti, comme le maire de Carpentras, ont récemment fait voter la suppression de subventions pour le planning familial.
Au niveau européen, des abstentions ont été observées lors de votes concernant des mes de solidarité pour les femmes n’ayant pas accès à l’IVG dans leur pays. Environ 20 millions de femmes en Europe continuent de faire face à des obstacles importants dans l’exercice de ce droit.
Yvette Roudy rappelait souvent que « le féminisme c’est un humanisme », une maxime qui reste d’une actualité brûlante dans le contexte actuel.
Source : Franceinfo



