Pas de culture sous contrôle : la 25e édition du Fifig s’ouvre sous le signe de la solidarité
La 25e édition du Festival international du film insulaire de Groix (Fifig) a débuté le mercredi 19 août, marquée par un plaidoyer en faveur de la culture libre. Les élus présents ont exprimé leur soutien face à la suppression par le Département du Morbihan de son aide historique de 20 000 €, représentant 10 % du budget total du festival.
Les organisateurs avaient invité les élus de la majorité départementale à s’exprimer, mais cette invitation a été déclinée. David Lappartient, président du Département, a justifié cette décision sur les réseaux sociaux, affirmant que le festival avait progressivement glissé vers un domaine politique. Cependant, il n’a pas exclu un éventuel soutien futur.
La conseillère départementale Rozenn Métayer a exprimé son incompréhension face à cette coupe, soulignant l’impact négatif sur un événement fondé sur des liens humains et la réflexion. Gaëlle Le Stradic, vice-présidente à la culture de la Région Bretagne, a rappelé que le rôle des élus n’est pas de décider ce qui peut être montré selon leurs préférences personnelles. Le député écologiste Damien Girard a qualifié cette décision d’injuste et a annoncé son intention de proposer une loi pour mieux protéger les associations.
Cette opposition a été accompagnée d’une mobilisation significative pour compenser le manque à gagner et maintenir la qualité du festival. Une pétition nationale a recueilli plus de 2 500 signatures, et une cagnotte en ligne a permis de récolter près de 17 000 € grâce à 450 donateurs. Les commerçants de l’île ont également montré leur soutien en réduisant leurs tarifs ou en offrant des services. La mairie de Groix a mis à disposition le site gratuitement, économisant ainsi 5 000 €.
Le nombre de bénévoles a été réduit de 210 à 175 pour limiter les coûts, chaque bénévole s’engageant à travailler plus d’heures. Un ciné-concert a été annulé, car les coprésidents du festival ont refusé que des artistes jouent bénévolement, affirmant que « tout travail mérite salaire ».
Bien que cette édition anniversaire soit sauvée, l’avenir du festival reste incertain. Les organisateurs prévoient de solliciter à nouveau le Département à l’automne pour rétablir le dialogue. Face à d’autres menaces de coupes budgétaires, notamment de Lorient Agglomération, des ajustements pour 2026 sont déjà envisagés, tels qu’un festival raccourci ou une réduction du nombre de concerts quotidiens.
Le festival de Port-Lay continuera de défendre la liberté d’expression, avec la conviction que « il n’y a pas de culture neutre », comme l’a souligné Christophe Dromery, coprésident du Fifig.
Source : Le Télégramme



