Comment est fabriqué le lait infantile ?
Le lait infantile est un aliment conçu pour répondre aux besoins nutritionnels spécifiques des bébés lorsqu’ils ne sont pas allaités ou lorsque l’allaitement n’est pas possible ou souhaité. Mais comment est-il réellement fabriqué ?
Tout commence par la sélection des ingrédients
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, le lait infantile n’est pas simplement du lait de vache transformé en poudre. La fabrication d’un lait infantile commence par une sélection très rigoureuse des matières premières. Selon les recettes, les fabricants utilisent notamment du lait de vache ou des protéines de lait, mais aussi des matières grasses, des glucides, des vitamines, des minéraux et parfois des ingrédients spécifiques comme certains acides gras.
Sa composition est différente de celle du lait maternel et il est notamment trop riche en protéines et en certains minéraux pour un tout-petit. Les fabricants vont donc transformer et ajuster sa composition.
Comment choisir les nutriments du lait infantile ?
La plupart des préparations infantiles utilisent des protéines issues du lait de vache ou du lait de chèvre. Il existe aussi des préparations à base de protéines de soja ou de protéines hydrolysées. Le règlement européen est très précis sur ce point : « La composition essentielle des préparations pour nourrissons et des préparations de suite doit répondre aux besoins nutritionnels des nourrissons en bonne santé ». Autrement dit, le fabricant ne peut pas simplement choisir librement la composition de son produit. Les quantités de nombreux nutriments sont réglementées au niveau européen.
Une fabrication en plusieurs étapes
Pour les préparations en poudre, la fabrication passe généralement par plusieurs étapes. Selon l’ANSES, le procédé comprend notamment le mélange des ingrédients sous forme liquide, le traitement thermique (pasteurisation), le séchage et l’ajout d’ingrédients avant l’emballage final.
Le mélange liquide permet d’obtenir une préparation homogène, qui est ensuite soumise à un traitement thermique destiné à maîtriser les risques microbiologiques. Vient ensuite le séchage, où le liquide est transformé en poudre grâce à des procédés industriels qui permettent d’éliminer l’eau. La poudre obtenue peut ensuite recevoir certains ingrédients avant d’être conditionnée. Il est important de préciser que tous les laits infantiles ne sont pas fabriqués exactement de la même manière : le procédé peut varier selon la recette, les ingrédients utilisés et le type de produit.
Pourquoi faut-il autant de précautions ?
La sécurité microbiologique constitue un enjeu majeur. Les préparations en poudre ne sont pas des produits stériles. Si un problème survient dans la conception, il peut y avoir un risque de prolifération de bactéries telles que la salmonella ou Cronobacter, susceptibles de provoquer une infection chez le bébé. C’est pourquoi les contrôles commencent dès les matières premières et se poursuivent pendant les différentes étapes de fabrication.
Et après la fabrication ?
Une fois la poudre obtenue, elle est ensuite conditionnée dans un environnement contrôlé afin de limiter les risques de contamination. Le produit fini fait ensuite l’objet de contrôles avant sa commercialisation. Pour les parents, le résultat est finalement très simple : une poudre à mélanger avec de l’eau pour préparer le biberon. Mais derrière cette poudre se trouvent de nombreuses étapes de formulation, de transformation et de contrôle.
Le travail de sécurité ne s’arrête pas à l’usine. Une fois la boîte ouverte, la préparation du biberon et sa conservation doivent également respecter les recommandations sanitaires. L’OMS insiste notamment sur l’hygiène du matériel, la préparation, la température de reconstitution et les conditions de conservation des préparations en poudre.
Et le lait de croissance liquide, comment est-il fabriqué ?
Le lait de croissance liquide suit un procédé différent de celui du lait infantile en poudre. Les ingrédients sont d’abord mélangés sous forme liquide, puis la préparation est homogénéisée afin d’obtenir une texture régulière. Elle peut ensuite recevoir un traitement thermique destiné à réduire les risques microbiologiques. Pour les préparations lactées liquides, l’ANSES décrit notamment le recours à un procédé dit “UHT (ultra-haute température)” : le produit est chauffé très rapidement à très haute température, puis conditionné de façon aseptique.
Que faire en cas de problème avec un lait infantile ?
Si vous remarquez une anomalie (odeur inhabituelle, couleur anormale, grumeaux, emballage endommagé) ou si votre enfant présente des symptômes après avoir consommé un lait infantile, la conduite à tenir dépend de la situation. En cas de doute sur le choix d’un lait de remplacement, il est préférable de demander conseil à un pédiatre, un médecin, ou un pharmacien.
Source : ANSES



