La survie de notre club est en jeu
Chaque été, la combinaison de sécheresse et de fortes chaleurs favorise la prolifération des cyanobactéries. En Mayenne, notamment à Laval et Changé, la forte densité de ces organismes entraîne des interdictions de baignade et d’autres restrictions. Cette situation est préoccupante pour les riverains, qui sont très attachés à la rivière et à ses usages, surtout en période estivale.
L’alerte 2 (rouge) a été déclarée à la fin du mois de juillet, le niveau d’alerte le plus élevé établi par l’Agence Régionale de Santé (ARS), en raison des prélèvements de toxines produites par les cyanobactéries. Bien que les recommandations invitent à éviter tout contact avec l’eau, ce sont les municipalités qui décident des interdictions. Changé et Laval ont rapidement établi leurs restrictions.
L’arrêté municipal de Laval énumère les mes suivantes :
- La baignade est interdite.
- La consommation de poissons pêchés est déconseillée.
- L’activité de pêche est autorisée uniquement sous la pratique du « no kill », tandis que les float tubes et embarcations sont interdits.
- En cas de contact accidentel, il est recommandé de prendre une douche soigneuse.
- Les animaux de compagnie doivent être éloignés de l’eau, et tout comportement anormal doit être signalé à un vétérinaire.
- Les manifestations sportives sont suspendues, et toutes les activités nautiques sont interdites, sauf pour les embarcations stables.
La Mayenne alimente les robinets des usagers de l’agglomération de Laval. Le site de traitement des eaux de la rivière, récemment construit à Changé, ne suscite pas d’inquiétude majeure, bien que la vigilance des agents soit accrue. Thierry Chochon, responsable du service production d’eau potable à Laval Agglo, a précisé que « le taux de microcystines est inférieur aux seuils de détection dans le dernier prélèvement de l’ARS, début août, et est donc considéré comme nul ».
Le club de Canoë-Kayak de Laval est particulièrement touché par cette situation. Jean Houtin, responsable du groupe « adultes », indique que « l’impact sur le niveau des jeunes est important. Moins d’entraînements signifie moins de progression ». Il s’inquiète que les jeunes pratiquants se tournent vers d’autres sports si les interdictions persistent. Au cours des trois dernières années, le club a connu des étés consécutifs sans activité.
Myriam Clavreul, championne du Monde 2025 en marathon et responsable administrative de son club d’entraînement, évoque une situation économique préoccupante. Si les prélèvements de cyanobactéries ne retombent pas sous le seuil de 5 µg/L de microcystines, son emploi est menacé. Les restrictions de l’été 2025 avaient déjà engendré un manque à gagner de 10 000 euros pour le club, un chiffre qui pourrait être encore plus élevé cette année, les pertes n’étant pas couvertes par les assurances.
La Mayenne, connue pour son brassage naturel, a été l’une des dernières rivières à interdire la baignade dans le département. D’autres plans d’eau avaient déjà été fermés dès le début de l’été. Tandis que les activités nautiques restent autorisées dans certaines zones, les pluies et le brassage d’eau plus fraîche pourraient améliorer la situation dans les jours à venir.
Source : France Télévisions


