À Odessa, les missiles russes ferment la porte maritime de la récolte ukrainienne
Les ports ukrainiens de la mer Noire n’ont pas accueilli de navires commerciaux depuis le 22 juillet. Ce blocage, causé par l’intensification des frappes russes sur les navires et les installations logistiques d’Odessa, menace la récolte d’environ 60 millions de tonnes de céréales. Les armateurs ont suspendu leurs escales, entraînant l’arrêt du trafic maritime sans décision formelle de fermeture de la part de Kyiv, le risque étant jugé trop élevé.
Cette situation constitue une catastrophe économique pour l’Ukraine. Avant l’interruption du trafic, la mer Noire expédiait généralement entre 4 et 5 millions de tonnes de produits agricoles ukrainiens par mois. Actuellement, bien que le volume de céréales ne soit pas entièrement bloqué sur les quais, son débouché principal l’est presque.
Les ports d’Odessa, une infrastructure vitale
L’agriculture et l’alimentation ont généré 12,5 milliards de dollars d’exportations au premier semestre 2026, représentant près de 60 % du total des exportations ukrainiennes. En 2025, les voies maritimes ont assuré plus de 85 % des exportations alimentaires en volume, et 95 % des exportations de céréales. Les ports d’Odessa, Tchornomorsk et Pivdenny sont donc cruciaux à la fois pour l’exportation agricole et pour l’entrée de devises dans une économie dépendante de l’aide extérieure.
La Banque nationale d’Ukraine estime que le manque à gagner en devises pourrait atteindre 2,5 milliards de dollars d’ici la fin de l’année si le blocage se poursuit. Une réduction des exportations en dollars et en euros exercerait une pression accrue sur la hryvnia, entraînant des recettes fiscales plus faibles et une dépendance accrue envers les bailleurs occidentaux.
Les missiles remplacent le blocus naval
Moscou a modifié sa stratégie, n’ayant plus besoin d’un blocus naval officiel pour interrompre le commerce. Entre juillet et début août, plus de 70 attaques ont été menées contre les infrastructures portuaires de la mer Noire, ainsi que 62 attaques contre des navires, selon l’administration portuaire ukrainienne. L’objectif de ces frappes n’est pas seulement la destruction d’infrastructures, mais aussi de rendre chaque rotation trop risquée pour les armateurs, les capitaines et les asurs.
Source : Reuters.



