L’Europe ne peut pas « se permettre » de manquer la révolution de l’IA, prévient Christine Lagarde
L’intelligence artificielle brasse aujourd’hui des investissements massifs, mais est largement dominée par des géants aux États-Unis ou en Chine.
Publié le 19/08/2026 à 11:54
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a mis en garde le Vieux Continent contre le risque de rater la révolution en cours de l’intelligence artificielle (IA). Lors d’une discussion organisée à Genève par le Forum économique mondial, elle a déclaré : « L’Europe a largement manqué la première révolution numérique, car les gains commerciaux issus de la diffusion des technologies de l’information et de la communication ont été captés de manière disproportionnée ailleurs. » Elle a ajouté : « Nous ne pouvons pas nous permettre de répéter cette expérience avec l’IA, la deuxième révolution numérique. »
Depuis 2022, le marché de l’IA connaît une croissance effrénée, dominé par des entreprises américaines telles qu’OpenAI, Google, Meta, et des acteurs chinois comme DeepSeek. Lagarde a souligné que l’Europe est « bien placée à certains égards pour tirer pleinement parti des nouvelles technologies », mais que son retard est dû à des « difficultés à transformer les connaissances en succès commercial ».
L’Union européenne représente environ 6 % de la population mondiale, mais compte 15 % de ses chercheurs et produit près d’un cinquième des publications scientifiques les plus citées au monde. Ces chiffres montrent le potentiel de l’Europe dans le domaine de l’IA, mais soulignent également la nécessité d’une meilleure mobilisation des ressources.
Pour répondre à ces défis, l’UE s’efforce de rapprocher ses marchés de capitaux fragmentés, afin d’offrir plus d’opportunités d’investissement aux citoyens européens et de mobiliser davantage de capitaux pour les entreprises. Christine Lagarde a rappelé que les dirigeants européens visent un accord pour une meilleure intégration « d’ici fin 2026 », afin de créer un véritable marché unique des capitaux.
Enfin, la présidente de la BCE a noté des « signes encourageants » concernant l’investissement dans l’IA en Europe, précisant que les entreprises de la zone euro prévoient d’allouer en moyenne environ 9 % de leur investissement total à cette technologie en 2026.
Source : Franceinfo


