Les femmes souffrent davantage de la crise climatique, c’est prouvé
Le dérèglement climatique inquiète Bien qu’il affecte l’ensemble de la population, les femmes en sont souvent les premières victimes. Des études scientifiques montrent que les femmes subissent des impacts disproportionnés de cette crise.
Les femmes âgées, par exemple, transpirent moins que leurs homologues masculins et sont plus susceptibles de souffrir de tensions cardiovasculaires. Selon le scientifique danois Hein Daanen, les octogénaires ont 15 % de risque supplémentaire de mourir lors d’une vague de canicule comparé aux hommes du même âge, comme l’indique une enquête du Guardian.
La crise climatique a des effets significatifs sur la santé des femmes. En période de canicule, les femmes sont souvent soumises à un stress accru, entraînant des migraines et des malaises. Les catastrophes naturelles exacerbent également leur vulnérabilité. Shérazade Zaiter, autrice de Le Grand Déplacement : l’exode climatique, souligne que lors d’un cyclone au Bangladesh en 1991, 90 % des 140 000 victimes étaient des femmes. De même, en 2010, 70 % des 18 millions de personnes touchées par des inondations au Pakistan étaient des femmes et des enfants.
Cette situation est en partie liée à des structures patriarcales qui exacerbent les inégalités. Raphaël Gerson, conseiller scientifique, affirme que “les femmes représentent 70 % des populations les plus pauvres dans le monde et sont donc les plus vulnérables face à la crise écologique.” En France, lors de la canicule de 2003, la mortalité chez les femmes a été 15 % supérieure à celle des hommes.
De plus, le dérèglement climatique est associé à une augmentation des violences faites aux femmes. Kim R. van Daalen, épidémiologiste environnementale à l’Université de Cambridge, note qu’une augmentation de la violence liée au genre est observée lors de catastrophes naturelles, exacerbant l’instabilité socio-économique et les inégalités structurelles.
Ces constats soulignent l’importance de l’écoféminisme, qui promeut une approche intersectionnelle alliant le respect de la planète et des droits des femmes. Selon le collectif écoféministe Les Engraineuses, “le patriarcat s’inscrit dans un système capitaliste de domination de la nature.” La lutte contre la crise climatique pourrait donc devenir un vecteur essentiel pour l’égalité des genres.
La question se pose : l’avenir du monde appartient-il aux femmes ? En tout cas, l’égalité des genres passera par la lutte climatique.
Source : Guardian, The Conversation, Radio France.


