Trois fuites de données en une semaine : la DGFiP et l’Éducation nationale en ligne de mire
Trois incidents distincts à la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) en une semaine, touchant 678 000 usagers, ainsi qu’une revendication portant sur 346 millions de lignes à l’Éducation nationale, soulignent une crise de sécurité des données en France. En plein été, deux administrations françaises ont été victimes de cyberattaques. La situation est préoccupante, et l’histoire semble se répéter.
DGFiP : trois incidents, trois causes différentes
La première intrusion a été revendiquée le 12 août 2026 par un pirate se faisant appeler ZeroBytes. Selon un communiqué de Bercy, l’accès au système d’information de la DGFiP a été obtenu via des usurpations d’identifiants d’un agent de la DGFiP et d’un tiers habilité. Bien que les accès aient été coupés après détection, les contrôles effectués n’ont pas permis de prévenir le vol de données, en raison de la sophistication de l’attaque. Les données compromises incluent :
- Identifiant fiscal, état civil, coordonnées postales et électroniques.
- Informations fiscales, telles que situation de famille et revenu fiscal de référence.
- Messages échangés avec la DGFiP pour moins de 250 contribuables.
Au total, 678 000 particuliers et professionnels sont concernés, dont environ 350 000 particuliers et 250 000 professionnels.
Le deuxième incident, survenu le 13 août, a impliqué l’accès à un serveur professionnel de données cadastrales. ZeroBytes a déclaré avoir exfiltré 252 149 lignes de données, correspondant à 2 041 778 titulaires. La DGFiP a initialement estimé le nombre de comptes compromis à 200 000, avant de réviser ce chiffre à 1,8 million.
Le troisième incident concerne un portail public des successions vacantes, où une vulnérabilité non authentifiée a permis l’accès à des journaux contenant des données personnelles, telles que des identités et des adresses. Cette faille a depuis été corrigée.
Éducation nationale : 346 millions de lignes, combien de victimes ?
Le 31 juillet, le ministère de l’Éducation nationale a reconnu une intrusion survenue la nuit du 25 juillet 2026. Un compte professionnel compromis a permis d’accéder à des données personnelles, y compris des identités et des coordonnées. ZeroBytes a révélé détenir 43 Go de données, soit 346 178 591 lignes brutes, comprenant des fichiers liés à l’académie de Créteil et d’autres académies françaises.
D’après les déclarations du pirate, cette fuite pourrait concerner 4,35 millions d’identifiants de personnels et 1,22 million d’élèves uniques. Toutefois, le nombre exact de personnes affectées reste incertain, car plusieurs lignes peuvent correspondre à la même personne.
La France doit réagir
Les incidents répétés soulèvent des questions sur la sécurité des données au sein des services de l’État. En réponse, la DGFiP a annoncé une feuille de route pour renforcer la sécurité, incluant :
- La généralisation de la double authentification d’ici fin 2026.
- L’implémentation de quotas de consultation pour limiter l’extraction de données.
- Des campagnes internes de sensibilisation au phishing et des formations renforcées pour les agents.
Alors que la France semble réagir après chaque incident, il est urgent de renforcer les mes préventives pour éviter de futures fuites de données.
Source : DGFiP, ministère de l’Éducation nationale.



