« Le danger grave pour l’agriculture, ce ne sont pas les pesticides interdits » : LFI va proposer d’abroger la réautorisation de l’acétamipride

Le danger grave pour l’agriculture, ce ne sont pas les pesticides interdits

Le groupe La France Insoumise (LFI) a annoncé qu’il mettra à l’agenda de sa « niche » parlementaire du 29 octobre une proposition de loi visant à abroger la réintroduction sous conditions de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, dans la loi d’urgence agricole. Cette initiative a été révélée ce mercredi par sa présidente, Mathilde Panot. Elle a rappelé qu’en 2022, 2,2 millions de personnes avaient signé une pétition contre la réintroduction des néonicotinoïdes, et a cité des avis d’experts affirmant qu’il ne fallait pas reproduire des scandales passés liés à des produits comme le chlordécone ou l’amiante.

La loi d’urgence agricole a été publiée ce mercredi au Journal officiel, après sa validation par le Conseil constitutionnel. Ce dernier a jugé que les dérogations concernant la réintroduction temporaire des pesticides interdits, notamment l’acétamipride pour la filière noisette et le flupyradifurone pour les pommes, cerises et betteraves sucrières, relèvent de « l’intérêt général ». Cependant, il a assorti cette validation de deux réserves concernant la zone géographique d’application et le délai accordé à l’autorité sanitaire pour statuer.

Mathilde Panot a souligné que « le danger grave pour l’agriculture, ce ne sont pas les pesticides interdits », mais plutôt les accords de libre-échange qui, selon elle, nuisent aux agriculteurs en les exposant à une concurrence déloyale.

Le Conseil constitutionnel a également noté que l’acétamipride et le flupyradifurone ont des impacts sur la biodiversité, notamment sur les insectes pollinisateurs et les oiseaux, ainsi que des conséquences sur la qualité de l’eau et des sols, tout en présentant des risques pour la santé humaine. Néanmoins, il a précisé que le législateur a voulu permettre à certaines filières agricoles de faire face aux menaces pesant sur leurs cultures, afin de préserver leur capacité de production et d’éviter des distorsions de concurrence au niveau européen.

Source : Le Télégramme

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