Feux de forêt : pourquoi les pays du nord de l’Europe sont de plus en plus exposés
Un « joyau » belge en proie aux flammes. Depuis vendredi, un incendie ravage le plateau des Hautes Fagnes, une réserve naturelle située en Wallonie, à quelques kilomètres de la frontière allemande. Les pompiers ont réussi à encercler complètement le feu dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 août, mais plus de 3 000 hectares ont déjà brûlé et plusieurs villages ont dû être évacués. Cette situation est exceptionnelle pour un pays peu habitué aux feux de forêt.
À l’instar de la Belgique, d’autres pays du nord de l’Europe font face à des incendies d’une ampleur inédite cette année. Fin juillet, un feu a touché le célèbre parc des Cairngorms, au nord de l’Écosse, parcourant 2 500 hectares selon le Service national d’incendie et de secours écossais. Ce feu a été qualifié « d’incident majeur » par les autorités, qui ont demandé à la population du parc d’évacuer.
L’Allemagne a également été touchée, avec plus de 3 000 hectares brûlés cette année, contre une moyenne de 912 hectares par an entre 2005 et 2025. Récemment, un incendie dans la forêt de Hürtgenwald, au sud de Cologne, a contraint environ 1 800 personnes à évacuer et mobilisé 1 400 pompiers. Avec 300 hectares consumés, ce feu serait le plus vaste jamais enregistré dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
Les feux de forêt n’épargnent plus le nord de l’Europe
Traditionnellement cantonnés aux pays du sud de l’Europe, comme l’Espagne, la Grèce et l’Italie, les grands feux de forêt gagnent désormais le nord en raison du réchauffement climatique. La plaine d’Europe du nord n’est plus épargnée par la sécheresse et les vagues de chaleur, augmentant ainsi les risques d’incendie.
Cette année, l’Allemagne et le Danemark ont battu leurs records de température, atteignant respectivement 41,7 °C et 37 °C à la fin juin. De plus, l’humidité des sols a atteint un niveau « exceptionnellement bas » au Royaume-Uni et dans une partie de l’Allemagne en juillet, selon un bilan du service européen de surveillance Copernicus publié le 10 août.
Arbres peu résistants au feu
Ces conditions climatiques extrêmes ont des répercussions graves dans les forêts du nord de l’Europe, où les espèces d’arbres ne sont pas particulièrement résistantes à la sécheresse ou au feu. Dans le parc de Cairngorms, qui abrite la plus vaste forêt boréale du Royaume-Uni, ainsi que dans la forêt allemande de Hürtgenwald, les conifères dominent. Ces arbres s’enflamment plus rapidement que les chênes méditerranéens, adaptés à un climat plus chaud et sec.
Les sols tourbeux, comme ceux des Fagnes en Belgique, facilitent également la propagation du feu par le sous-sol, augmentant les risques de nouveaux départs d’incendie.
Enfin, certains pays peu habitués aux feux de forêt manquent de moyens pour y faire face, limitant leur capacité d’intervention. Par exemple, la Belgique et l’Allemagne ne disposent pas d’avions bombardiers d’eau et doivent compter sur la solidarité d’autres pays européens pour lutter contre ces incendies.
Source : La Croix



