Des miroirs sur des satellites pour alimenter H24 des panneaux solaires : un projet controversé validé
Une start-up américaine, Reflect Orbital, s’apprête à lancer un projet innovant qui pourrait transformer la production d’énergie solaire. La société a obtenu l’approbation de la FCC, l’autorité américaine de régulation des télécommunications, pour déployer Eärendil-1, un satellite d’essai équipé d’un miroir de 18 m². Ce projet vise à utiliser des miroirs spatiaux pour fournir de l’énergie solaire même durant la nuit, en projetant des faisceaux lumineux au sol.
L’ambition ultime est de déployer une constellation de 50 000 réflecteurs capables de projeter des faisceaux lumineux de cinq kilomètres de diamètre, ce qui pourrait soutenir les centrales solaires ou éclairer des chantiers nocturnes. Cependant, cette technologie soulève des préoccupations majeures. Dans les zones ciblées, la luminosité pourrait atteindre jusqu’à quatre fois celle de la pleine Lune.
Dans son dossier réglementaire, Reflect Orbital a reconnu qu’un simple coup d’œil à travers un télescope d’amateur de 30 cm pouvait causer des lésions rétiniennes irréversibles. Cette admission a été qualifiée de « choquante » par Robert Massey, directeur adjoint de la Royal Astronomical Society, qui a également critiqué l’absence d’un système d’alerte pour prévenir le public des passages des faisceaux lumineux. Des risques d’éblouissement soudain existent également pour les pilotes d’avion et les automobilistes.
Les conséquences pour la recherche astronomique pourraient être tout aussi préoccupantes. La diffusion lumineuse dans l’atmosphère pourrait rendre le ciel nocturne trois à quatre fois plus brillant, menaçant de saturer les capteurs des grands observatoires. Roohi Dalal, de l’American Astronomical Society, a déclaré que ce projet pourrait marquer « probablement la fin de l’astronomie optique terrestre ».
Malgré ces alertes, la FCC a choisi de ne pas tenir compte des préoccupations soulevées, affirmant que la sécurité oculaire et la protection de la nuit ne relèvent pas de son autorité face aux besoins d’innovation du secteur spatial privé.
Source : Les Numériques



