Protéines : En consommer trop peut-il être dangereux ?
Les rayons des supermarchés sont de plus en plus garnis de produits hyperprotéinés tels que le Skyr, la Whey et les pâtes protéinées. Cette tendance s’inscrit dans le cadre d’une mode alimentaire liée à la musculation et à l’augmentation de la masse musculaire. Selon le médecin nutritionniste Laurent Chevallier, les besoins en protéines de la population sont déjà satisfaits, avec une consommation moyenne de 1,4 g par kilo de poids corporel par jour en France, bien au-dessus des 0,83 g recommandés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).
Pour les sportifs, les besoins en protéines peuvent légitimement être plus élevés. Catherine Coirault, directrice de recherche à l’Inserm, explique que le muscle a besoin d’acides aminés pour se développer. Toutefois, elle précise qu’en l’absence d’exercice physique, une augmentation de l’apport protéique n’aura pas d’effet sur la croissance musculaire.
L’Anses considère qu’un apport supérieur à 2,2 g de protéines par kilo de poids corporel par jour est élevé. Les sportifs peuvent avoir besoin de 1,5 g à 2 g selon leur type d’activité physique. Cependant, le docteur Chevallier met en garde : une consommation excessive de protéines peut être inutile et même dangereuse, car d’autres facteurs comme l’hydratation et l’oxygénation jouent également un rôle dans la prise de muscle.
Longtemps soupçonnée d’endommager les reins, la consommation élevée de protéines a été nuancée par des études qui indiquent qu’elle n’est pas toxique pour les reins, sauf en cas de pathologies rénales préexistantes. En revanche, un excès de protéines peut entraîner des problèmes digestifs tels que diarrhées et ballonnements.
Un autre risque associé à la consommation de protéines provient des compléments alimentaires, souvent utilisés par les sportifs pour augmenter leur apport. Ces produits peuvent contenir des additifs et présentent un risque de contamination par des substances interdites, comme des stéroïdes anabolisants, avec jusqu’à 58 % des échantillons étudiés contenant des substances susceptibles d’entraîner un contrôle positif lors d’un test antidopage.
Face à ces éléments, il est recommandé de rester vigilant quant à la qualité et à la quantité de protéines consommées, en particulier à travers des compléments.
Source : 20 Minutes


