Meta en procès pour avoir «appâté» les enfants sur ses réseaux sociaux
Le premier procès fédéral contre Meta, la société mère de Facebook et Instagram, s’est ouvert mardi à Oakland, en Californie. Au cœur des débats, la question de savoir si l’entreprise a délibérément trompé ses utilisateurs, notamment les mineurs, sur les dangers liés à l’utilisation de ses plateformes.
Megan O’Neill, procureure générale adjointe de Californie, a accusé Meta d’avoir engagé une campagne de désinformation visant à tromper les utilisateurs, les législateurs et les parents. Elle a affirmé que l’entreprise a caché la vérité sur les effets nocifs de ses applications, notamment en ce qui concerne l’usage excessif par les jeunes.
En réponse, Paul Schmidt, l’avocat de Meta, a reconnu que l’entreprise avait conçu des outils pour aider les utilisateurs à gérer leur temps d’écran. Cependant, il a contesté les accusations selon lesquelles ces dispositifs étaient inefficaces, soulignant que seulement 0,2 % des adolescents avaient utilisé la fonction « faire une pause ».
Meta risque une amende record
Meta fait face à des demandes de près de 200 milliards de dollars en pénalités, émanant de quatre États américains : la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey. Ces États, qui dirigent le procès, s’inscrivent dans une tendance plus large aux États-Unis où d’autres plateformes comme TikTok et Snapchat sont également poursuivies pour des effets présumés nocifs sur les jeunes.
L’affaire rappelle les poursuites historiques contre l’industrie du tabac, qui a dû verser des milliards de dollars en compensation suite à des accusations similaires.
Mensonges de Meta
Les accusations portées contre Meta se déclinent en trois volets : la société aurait menti sur la nocivité de ses applications, conçu des fonctionnalités pour capter l’attention des utilisateurs, et collecté des données d’enfants de moins de 13 ans sans consentement parental, en violation des lois fédérales.
Les procureurs ont présenté des documents internes indiquant que certaines fonctionnalités exploitaient les faiblesses psychologiques des utilisateurs. En revanche, la défense a soutenu qu’il s’agissait d’une mauvaise interprétation des efforts de l’entreprise pour améliorer ses services.
Un ancien ingénieur de Meta témoigne
Arturo Bejar, un ancien ingénieur de Meta, a témoigné que la culture d’entreprise privilégiait la rapidité au détriment de la sécurité, illustrée par le slogan « Move fast and break things ». Le verdict consultatif des jurés est attendu fin septembre ou début octobre.
La juge Yvonne Gonzalez Rogers, connue pour avoir statué sur des affaires de haute technologie, tranchera seule. Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, pourrait être appelé à témoigner, bien que sa présence ne soit pas confirmée.
(Source : AFP)


