Il fait trop chaud : la canicule pèse sur les habitants de Flayosc
Après près de trois semaines de canicule, les effets se font lourdement sentir chez les habitants de Flayosc, petite commune du Var. Ils sont à bout, fatigués et irritables. Tous réfléchissent à s’adapter pour les années qui viennent.
Sur le marché de Flayosc, dans le Haut-Var, Muriel, Pauline et Nathalie discutent de la chaleur. C’est le sujet de l’été. « Nos maisons sont toutes en pierre. D’habitude, il fait frais à l’intérieur. Mais là, il ne fait pas aussi frais que d’habitude », regrette l’une d’elles. « C’est la nuit le plus dérangeant. Suivant où on habite, on ne peut pas ouvrir les fenêtres, à cause du bruit. Donc, on est obligé de les laisser fermées et ça devient étouffant », ajoute une seconde.
Les dernières vigilances orange canicule ont été levées mardi 18 août dans le Sud-Est, mais les températures restent élevées dans les six départements concernés, dont le Var. Ce dernier est le département où cette canicule a été la plus longue, avec 19 jours de vigilance orange. Assise, Joëlle a les traits tirés de fatigue. « Je n’ai pas la clim à la maison, explique-t-elle. C’est la première année où je ne dors pas la nuit, alors qu’en temps normal, je supporte très bien. »
Joëlle souligne une tendance inquiétante : « On sent bien que le corps s’épuise un petit peu. Certaines personnes sont plus tendues. On le sent dans la rue, au volant des voitures. » Elle ajoute, « Je pense que les gens sont fatigués et peut-être inquiets aussi du réchauffement climatique. »
En cette matinée de marché, la terrasse du café du commerce est remplie. Les clients profitent de la fraîcheur de la fontaine. Manu, le propriétaire, constate une baisse de 20 % de fréquentation au mois de juillet et août. « Les gens ont besoin de rafraîchissement, ils vont à la piscine, ils vont à la mer », note-t-il. Actuellement, son établissement ne possède qu’un ventilateur, « qui ne sert à rien, puisqu’il brasse de l’air chaud », dit-il. Il envisage d’investir dans une climatisation, « Ça va devenir obligatoire. »
Les seniors de la résidence des Restanques ont la chance d’en profiter. Avec la chaleur, il est difficile de sortir. Marinette n’arrive plus à faire ses petites marches quotidiennes. « Le matin très tôt, c’est trop tôt, on n’est pas encore prête. Mais le soir, c’est encore écrasant. Je trouve que c’est très fatigant », explique-t-elle. L’assistante de direction de l’établissement, Patricia De Maria, confirme que tous les résidents en ont marre : « Ils languissent de l’automne pour pouvoir vaquer à leurs occupations. »
À quelques kilomètres, le centre-ville de Draguignan se vide en début d’après-midi à me que la température grimpe. Cette année, le Centre communal d’action sociale a été particulièrement sollicité. « Voilà 20 jours qu’on appelle les personnes inscrites au registre communal, deux fois par jour, soit à peu près 150 appels par jour », relate Lauryne Tollard, la directrice. Elle précise que six visites à domicile ont été déclenchées pour des personnes ne répondant pas, dont deux étaient en situation de déshydratation.
Près de trois semaines de vigilance Orange canicule de suite a incité la commune à modifier son plan d’adaptation au changement climatique. Danielle Adoux-Copin, adjointe à l’environnement, souligne : « Nous avons pris la décision d’accélérer. À la rentrée, toutes les écoles auront un espace suffisant pour se rafraîchir. » La ville investit plusieurs centaines de milliers d’euros pour être prête si la chaleur perdure en septembre.
Source : Franceinfo



