Licenciement du n° 3 de la Fifa Kevin Lamour : ces Français qui défient (ou ménagent) Gianni Infantino

Licenciement de Kevin Lamour : ces Français qui défient Gianni Infantino

Lundi 17 août, la FIFA a annoncé le licenciement de Kevin Lamour, directeur des opérations, par un courriel du secrétaire général Mattias Grafström. Lamour, en poste depuis 2024, a été limogé après avoir critiqué le président Gianni Infantino et son projet de privatisation partielle des activités économiques de l’institution.

Cette éviction s’inscrit dans une crise plus large, déclenchée par le projet « Fifa Forward Enterprise » (FFE), qui visait à ouvrir environ 20 % des activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés, dans le but de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars. Face à la menace de boycott de 55 fédérations européennes et au soutien de la Concacaf et de l’AFC, Infantino a abandonné le projet le 1er août. Cependant, la contestation s’est intensifiée, portant désormais sur la manière dont la présidence de la FIFA exerce le pouvoir.

Au sein de l’organisation, deux figures françaises se distinguent : Kevin Lamour, qui a choisi une rupture publique en dénonçant un « mensonge par omission », et Arsène Wenger, directeur du développement du football, qui a pris ses distances sans remettre en cause l’autorité d’Infantino. Wenger a affirmé avoir découvert le projet à travers les médias et a qualifié son retrait d' »nécessaire » pour préserver l’indépendance de la FIFA.

À Paris, le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, navigue sur une ligne délicate. Bien qu’il ait initialement prévu de soutenir la réélection d’Infantino, il a exprimé des préoccupations concernant la gouvernance de la FIFA, appelant à plus de transparence. Toutefois, il ne réclame pas explicitement le départ d’Infantino, souhaitant attendre de connaître les éventuels concurrents avant de prendre position.

Cette position prudente est également reflétée au niveau gouvernemental. La ministre des Sports, Marina Ferrari, a condamné le projet de FFE, évoquant de « très graves interrogations sur la gouvernance et l’avenir du football mondial ». Le président Emmanuel Macron a également soutenu les efforts de l’UEFA tout en maintenant un dialogue avec Infantino pour préserver l’unité du football mondial.

Pour les représentants des joueurs, la crise va au-delà de la question de la présidence d’Infantino. David Terrier, président de la Fifpro Europe, souligne la nécessité de réformes dans un système de gouvernance qu’il juge « plus possible ni acceptable ». Il appelle à un rééquilibrage des pouvoirs au sein de la FIFA, estimant que le président ne doit pas détenir tous les pouvoirs.

Source : Nouvel Observateur.

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