Piratage de l’Éducation nationale : les données de millions d’élèves, de parents et d’enseignants dérobées ?

Piratage de l’Éducation nationale : les données de millions d’élèves, de parents et d’enseignants dérobées

ZeroBytes a de nouveau défié les autorités françaises. Après avoir revendiqué le piratage du site des impôts, le groupe de cybercriminels annonce avoir obtenu une quantité massive de données des systèmes informatiques de l’Éducation nationale. Selon le site spécialisé FrenchBreaches, le pirate aurait extrait 43 Go de données, réparties sur environ 2 500 fichiers. L’ensemble représenterait précisément 346 178 591 lignes et couvrirait plus de vingt années de vie scolaire et professionnelle, allant du début des années 2000 à 2026.

Piratage de l’Éducation nationale : combien d’élèves et de personnels sont concernés ?

Les données extraites doivent être interprétées avec précaution. Elles sont présentées comme brutes et non dédupliquées, ce qui signifie qu’un même élève peut apparaître plusieurs fois en raison de ses changements d’établissement ou de ses années scolaires. De même, un enseignant ayant occupé plusieurs postes peut être enregistré plusieurs fois. Les ensembles analysés comporteraient environ 1,22 million d’élèves distincts, tandis que les fichiers issus d’I-Prof feraient état de près de 4,35 millions d’identifiants de personnels après déduplication. Ce chiffre ne correspond pas nécessairement au nombre d’enseignants en poste, car les fichiers pourraient inclure des données d’anciens agents, de retraités et de personnels administratifs.

Des informations sensibles sur des élèves du primaire

Une partie des données revendiquées proviendrait de la Base Élèves 1er Degré, utilisée pour gérer les enfants scolarisés en maternelle et en élémentaire. Ces fichiers pourraient contenir le nom, le prénom, la date et le lieu de naissance, l’adresse, l’identifiant scolaire, ainsi que des informations sur les inscriptions et les établissements fréquentés. Des données relatives à la restauration, à la garderie ou au transport scolaire pourraient également y figurer. En outre, certains fichiers permettraient de relier un élève à ses parents ou responsables légaux, ce qui pourrait faciliter la reconstitution de l’environnement familial et scolaire d’un enfant.

Parcours scolaire, absences et élèves en difficulté

Les données revendiquées incluraient également des extractions de SCONET, un système utilisé dans les établissements du second degré, portant notamment sur les années scolaires 2024-2025 et 2025-2026. Elles pourraient contenir des informations sur les inscriptions, les évaluations, les compétences et le suivi du décrochage. Plus préoccupant, certaines bases seraient dédiées au suivi individualisé d’élèves en difficulté, comportant des informations sur les absences, les convocations et les décisions prises dans le cadre d’un accompagnement. À ce stade, ces éléments proviennent de la revendication de ZeroBytes et d’une analyse de fichiers présentés comme des échantillons. Le ministère n’a pas confirmé l’authenticité et le contenu de tous les documents évoqués.

Les enseignants et les personnels aussi concernés

Près de 17,8 Go de données proviendraient d’I-Prof, le service utilisé pour la gestion de la carrière des personnels de l’Éducation nationale. Les fichiers couvriraient les 33 académies françaises, métropolitaines et ultramarines. Ils pourraient contenir des informations sur l’identité, les coordonnées, l’adresse électronique académique, le corps, le grade, l’affectation, les contrats, les diplômes et les formations des agents.

Une cyberattaque déjà reconnue fin juillet

La cyberattaque était déjà connue des autorités. Dans un communiqué publié le 31 juillet, le ministère avait indiqué avoir été victime d’une intrusion susceptible d’avoir entraîné le vol de données concernant « un nombre important de ses agents ». L’accès frauduleux aurait eu lieu dans la nuit du 25 juillet, après l’usurpation d’un compte professionnel. L’incident a été détecté dès le lendemain, entraînant la suspension de l’accès externe au système concerné et l’activation d’une cellule de crise. Une plainte a également été déposée, et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information ainsi que la Commission nationale de l’informatique et des libertés ont été saisies.

À l’époque, le ministère avait précisé que l’attaque visait un système consacré à la formation des personnels, qui ne contenait « ni données bancaires, ni mots de passe, ni données relatives aux élèves ». La revendication de ZeroBytes évoque désormais un périmètre plus large, englobant plusieurs bases scolaires et administratives. Les investigations devront déterminer si tous les fichiers mentionnés proviennent bien de l’intrusion de juillet.

Source : FrenchBreaches

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