ZeroBytes revendique le piratage massif de données de l'Education nationale

ZeroBytes revendique le piratage massif de données de l’Éducation nationale

ZeroBytes, un groupe de cybercriminels se présentant comme un duo français, a déclaré avoir exfiltré des milliers de fichiers contenant des données personnelles de l’Éducation nationale, affectant potentiellement des millions d’élèves, d’enseignants et de parents. Cette annonce intervient quelques jours après que le même groupe a revendiqué le piratage de la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

Selon le site spécialisé FrenchBreaches, ZeroBytes prétend avoir récupéré environ 43 gigaoctets de données, répartis sur environ 2 500 fichiers, totalisant 346,2 millions de lignes brutes. Ce chiffre ne correspond pas nécessairement à un nombre équivalent de victimes, car une même personne peut apparaître plusieurs fois dans les bases de données.

Les fichiers volés incluraient des informations sur environ 1,22 million d’élèves, 4,35 millions d’identifiants de personnels, notamment issus de la plateforme I-Prof, ainsi que 602 000 comptes académiques. Les données concernent des identités, dates de naissance, adresses postales et électroniques, numéros de téléphone, ainsi que des informations scolaires et administratives. Certains fichiers contiendraient même des empreintes de mots de passe. Des données relatives aux parents et responsables légaux auraient également été compromises, certains fichiers remontant au début des années 2000, tandis que d’autres auraient été actualisés jusqu’en juillet 2026.

Une attaque d’ampleur encore non confirmée

Le ministère de l’Éducation nationale n’a pas encore confirmé si ZeroBytes est bien l’auteur de cette attaque ni l’ampleur des données revendiquées. Le 31 juillet, le ministère avait annoncé avoir été victime d’une « intrusion frauduleuse » dans un de ses systèmes d’information, pouvant avoir conduit à l’exfiltration de données personnelles concernant « un nombre important » d’agents. Cette compromission aurait eu lieu dans la nuit du 25 juillet et a été détectée le lendemain.

Suite à cette détection, les accès externes au système concerné ont été coupés, une cellule de crise a été mise en place et des investigations ont été lancées. Une plainte a été déposée, et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) ainsi que la CNIL ont été saisies.

Fin juillet, le ministère avait précisé que l’incident concernait un système dédié à la formation des personnels, affirmant qu’aucune information relative aux élèves n’était stockée dans ce système. La revendication de ZeroBytes suggère qu’ils auraient eu accès à d’autres environnements informatiques, ce qui n’a pas été confirmé par l’Éducation nationale.

Origine et portée des données revendiquées

D’après FrenchBreaches, les données revendiquées proviendraient notamment de l’académie de Créteil et d’applications couvrant toutes les académies françaises. ZeroBytes affirme avoir récupéré un accès VPN permettant d’atteindre plusieurs systèmes internes, soutenant que l’exfiltration aurait duré plusieurs jours.

ZeroBytes est également lié à l’attaque contre la DGFiP fin juin, où il a prétendu avoir volé les données d’environ 678 000 particuliers et professionnels. Son pseudonyme a été associé à plusieurs autres affaires récentes touchant notamment Intermarché ou la Fédération française de handball.

Risques et conséquences

Les données collectées lors de ces attaques pourraient être utilisées pour des campagnes de phishing ciblées ou des opérations d’usurpation d’identité, d’autant plus sensibles qu’elles concernent des mineurs et permettent de relier les élèves à leurs responsables légaux.

Les enquêtes sont toujours en cours pour établir l’ampleur réelle de la fuite et la nature exacte des données compromises.

Source : FrenchBreaches

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