La France face à la dégradation de ses sols lors de la COP17
La 17e Conférence des Nations unies sur la lutte contre la désertification a débuté le 17 août à Oulan-Bator, en Mongolie. Cet événement, moins médiatisé que les conférences sur le climat et la biodiversité, rassemble 197 pays, organisations régionales, ONG et chercheurs pour aborder un enjeu mondial crucial : la dégradation des terres.
La désertification, souvent mal comprise, ne se limite pas à l’expansion des déserts, mais englobe la dégradation des terres affectant des zones arides, semi-arides et subhumides sèches. Patrice Burger, président de l’association Cari, souligne l’importance des sols, qui sont essentiels pour stocker l’eau, abriter la biodiversité et nourrir les populations.
Environ 1,4 % du territoire français concerné
La France, comme de nombreux pays européens, est touchée par cette problématique. Selon le Comité Scientifique Français de la Désertification (CSFD), 1,4 % de la superficie totale du pays, soit environ 751 700 hectares, est affectée, principalement sur le pourtour méditerranéen. En 2024, lors de la COP16 en Arabie Saoudite, la France a été reconnue comme « nation affectée » par la désertification, rejoignant d’autres pays méditerranéens comme l’Espagne et l’Italie.
Les travaux du CSFD révèlent qu’un tiers du territoire français a vu son aridité augmenter entre 1993 et 2022. Si les tendances actuelles se poursuivent, jusqu’à 90 % des sols pourraient être touchés par l’aridité et la sécheresse d’ici 2050. Cette année, des sécheresses historiques et des épisodes caniculaires aggravent cette situation.
70 % des terres dégradées
La dégradation des terres en France est alarmante : environ 70 % des terres sont affectées par divers facteurs, notamment la salinisation, la pollution et l’érosion. À l’échelle mondiale, la désertification touche 40 % des terres, impactant directement 3,2 milliards de personnes. Si aucune action n’est prise, de nouvelles surfaces équivalentes à l’Amérique du Sud pourraient se dégrader d’ici 2050.
Insécurité alimentaire et perte de biodiversité
Les conséquences de cette dégradation sont préoccupantes. L’agriculture française pourrait perdre jusqu’à 35 à 40 % de sa valeur ajoutée d’ici 2050, représentant une perte de 14 à 16 milliards d’euros. À l’échelle mondiale, les rendements agricoles pourraient diminuer de 10 % à 50 % si aucune me n’est adoptée.
La COP17, qui se déroule sous un climat d’urgence, met également en avant des solutions telles que le pastoralisme, un mode d’élevage durable qui pourrait aider à gérer les ressources de manière plus efficace. Cependant, la question des financements pour soutenir ces initiatives reste centrale dans les discussions.
Désormais officiellement concernée par la désertification, la France doit élaborer des mes d’action et rendre compte tous les deux ans de l’état de ses sols. Une délégation, incluant des représentants du ministère de l’Agriculture et des Affaires étrangères, est déjà présente à Oulan-Bator pour participer à ces négociations cruciales.
Source : France 24



