Procès historique contre Meta aux États-Unis : le groupe accusé d’avoir « appâté » les enfants
Un procès fédéral sans précédent s’est ouvert le 18 août 2026 à Oakland, en Californie, où Meta est accusé par une coalition de quatre États d’avoir conçu des fonctionnalités addictives sur Instagram et Facebook, ciblant ainsi les adolescents tout en dissimulant les effets néfastes de ses plateformes sur la santé mentale des jeunes.
Dès l’ouverture des débats, Megan O’Neill, procureure générale adjointe de Californie, a exposé les accusations contre la maison mère d’Instagram, affirmant que le groupe aurait « appâté » les adolescents, les aurait « retenus », « récolté » leurs données personnelles et « caché la vérité ». Ce procès représente le premier grand examen judiciaire aux États-Unis sur la dépendance des jeunes aux réseaux sociaux.
La coalition, regroupant 29 États, s’appuie sur trois axes principaux : la dissimulation des risques psychologiques, l’intégration d’outils de rétention controversés, tels que des filtres d’apparence et des alertes de temps facilement contournables, ainsi que l’extraction illégale de données d’enfants de moins de 13 ans sans accord parental, en violation de la loi fédérale COPPA (Children’s Online Privacy Protection Act).
Le procureur général du Kentucky, Russell Coleman, a fait un parallèle avec les actions menées contre les cigarettiers dans les années 1990 et les laboratoires responsables de la crise des opiacés, soulignant l’importance de cette démarche contre la « Big Tech ».
Les États plaignants réclament environ 193 milliards de dollars d’amendes civiles et de pénalités, un montant inférieur aux 1.400 milliards évoqués par Meta, que les procureurs considèrent comme une tentative de « créer la stupeur ». En plus des sanctions financières, la coalition exige des mes structurelles, comme le verrouillage automatique des paramètres de sécurité les plus stricts pour les comptes de mineurs.
Le verdict sera rendu par la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers, connue pour avoir présidé des affaires antitrust majeures. Mark Zuckerberg, PDG de Meta, et Arturo Bejar, ancien cadre de l’entreprise, sont attendus comme témoins clés.
Cette procédure judiciaire fait suite aux révélations des « Facebook Files » de 2021, qui ont montré que les équipes internes de Meta étaient conscientes des effets négatifs d’Instagram sur l’estime de soi des jeunes filles. Un porte-parole de Meta a déclaré être « en profond désaccord avec ces accusations », affirmant que l’entreprise est engagée en faveur des jeunes.
L’issue de ce procès pourrait avoir des répercussions significatives sur la façon dont les plateformes sociales sont régulées et sur la manière dont elles interagissent avec les jeunes utilisateurs.
Source : AFP


