Burkina Faso : Des journalistes soumis à une “immersion patriotique” obligatoire
Le ministre de la Communication burkinabè, Pingdwendé Gilbert Ouedraogo, a déclaré : “Le patriotisme n’est pas une option, c’est une obligation, et encore plus pour vous.” Cette affirmation a été faite lors d’un reportage diffusé par la chaîne Faso Vox Press, alors que des journalistes participaient à leur cinquième jour d’une “immersion patriotique obligatoire” à l’Académie de police de Pabré, près de Ouagadougou. Dans un cadre militaire, ces professionnels des médias ont été instruits sur les “règles fondamentales” du journalisme, tout en étant entourés d’instructeurs militaires.
Le ministre a insisté sur l’importance d’un journalisme patriote, affirmant qu’un journaliste qui ne fait pas preuve de patriotisme représente une menace pour son pays. Les participants ont été formés à des exercices militaires, incluant la marche au pas, le maniement d’armes et des simulations de situations de combat, comme le montre un reportage de Faso 7.
Cette “immersion patriotique” pour les journalistes fait partie d’une initiative plus large, qui a débuté le 27 juillet et qui cible également d’autres groupes, comme les bacheliers. Bienzi Didier Paré, vice-président de la cellule d’orientation et de suivi, a expliqué que cette formation vise à “inculquer le civisme” et à préparer les jeunes à devenir des “citoyens conscients” dans le “Burkina nouveau de demain.”
Le ministère de la Communication cherche à transformer le paysage médiatique en créant des “nouveaux Burkinabè.” Cependant, cette initiative soulève des préoccupations quant à l’indépendance de la presse. L’ONG Reporters sans frontières a rappelé que les journalistes ne doivent pas être assimilés à des militaires et ne doivent pas être intégrés à l’effort de guerre.
Des critiques, notamment de la part de Sahel Horizon, soulignent que le capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir, cherche à militariser la société en ciblant diverses professions, y compris les journalistes, qui seraient ainsi transformés en instruments de propagande.
Le 17 juillet, des cadres civils de la présidence avaient également suivi une formation militaire, ce qui indique une volonté croissante du gouvernement de contrôler les narrations médiatiques.
Source : Faso Vox Press, Sidwaya, Afrik.com, Sahel Horizon.



